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Appel à candidature

TERMES DE REFERENCES pour l’architecture et la mise en place d’une base de données de l’INPT avec développement logiciel spécifique – métier

Contexte

Selon la loi organique portant création de l’INPT, le mandat principal de l’instance consiste à effectuer des visites préventives et d’investigation dans les lieux de privation de liberté. En plus, l’INPT a pour rôle de contribuer à la diffusion de la conscience sociale à l’encontre des risques de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et ce, à travers plusieurs outils/activités dont la réalisation des recherches, études et rapports se rapportant à la prévention de la torture et des traitements dégradants.

Dans la perspective d’améliorer ses différentes prestations et de soutenir les efforts de ses commissions spécialisées, de ses membres et du personnel, l’INPT souhaite mettre en place une base de données dont l’architecture soit adaptée aux spécifications, normes et exigences internes à l’instance, autour de laquelle sera développé un logiciel spécifique respectant les procédures et les règles de gestion de données et documents traités ( comme la création, gestion et suivi de données et documents, la sécurisation des accès et éventuellement cryptage de certaines données, l’élaboration de rapports, l’édition de statistiques, etc.).

Objectif de la consultation

Les utilisateurs de la Solution proposée devront être en mesure d’effectuer 4 opérations classiques :

  • La création de données/documents (par insertion ou par l’importation à partir d’autres formats) ;
  • La modification ou mise-à-jour (selon des règles de gestion bien déterminées garantissant le respect du cycle de vie des données/documents) ;
  • La suppression physique et logique et l’archivage de données/documents (opérations contrôlées) ;
  • L’accès hautement assisté aux données/documents par des outils de recherche multicritères.

Caractéristiques générales de la Solution

  • S’appuyer sur une interface logicielle (de préférence WEB) intuitive et complète (adoptant une charte graphique ergonomique, simple et multi-rubriques) ;
  • Offrir une rapidité de navigation avec un minimum de fenêtres (mode préféré : Multi-frames), avec un affichage optimisé en fonction du mode du navigateur client utilisé ;
  • Inclure des fonctions de recherche, sauvegarde, modification, validation, suppression et archivage ;
  • Offrir des outils d’importation et d’exportation de données/documents à partir et vers plusieurs formats standards : Selon les besoins à déterminer ;
  • Offrir des routines de vérification, de sécurisation et de sauvegarde périodique des documents/données et de la base de données ;
  • Prendre en charge les accès multi-utilisateurs et gérer les conflits d’accès et de traitement simultané de données ;
  • Performance : le temps de réponse des fenêtres/pages de l’interface logicielle doit être optimal ;
  • Exploiter le GED existant sur les serveurs de l’INPT pour la sauvegarde des documents (Fichiers tout format : Images, Textes, Vidéos et autres) ;
  • Conformité aux normes et aux standards internationaux en vigueur en Tunisie ;
  • Évolutivité : la base de données devra être administrable, paramétrable et non verrouillée pour permettre l’intégration d’autres modules ou fonctionnalités dans des conditions de délais et de coûts raisonnables ;
  • Être en conformité avec la législation tunisienne en matière de protection des données personnelles.

Les éléments mentionnés ci-dessus devront être pris en considération lors de l’élaboration du Cahier de Charges. Néanmoins, cette liste n’est pas exhaustive et le consultant serait amener à compléter et consolider les éléments caractéristiques de la Solution proposée.

Le prestataire sélectionné s’engage à se rendre disponible pour participer aux réunions de travail sur la Solution qui seront organisées par l’INPT et de transmettre dans les délais les informations qui lui seront demandées.

Méthodologie

  • Le prestataire sélectionné devra opérer en premier lieu un travail de documentation ainsi que des rencontres avec les membres et le personnel de l’INPT afin d’identifier les besoins détaillés, la typologie des données/documents manipulés, les informations quantitatives et qualitatives que la base de données devra recueillir et héberger, etc.
  • Le prestataire doit présenter un document de spécification détaillées de la solution, après identification des besoins réels ;
  • Le prestataire doit présenter en détail la solution technologique proposée (SGBD et environnement de développement) ;
  • Le prestataire doit présenter l’architecture détaillée de la base de données proposée ;
  • Identifier les moyens techniques, humains et financiers nécessaires à la mise en place d’une telle solution et à sa gestion.

Livrables

A la fin de la mission, le consultant aura :

  • Installé la solution, y compris la licence du SGBD, sur les serveurs de l’INPT et sur les postes des utilisateurs ;
  • Livré un manuel Utilisateur : Administration et Utilisation de la Solution ;
  • Fourni à l’INPT une Release note ;
  • Fourni à l’INPT un appui et un support technique dans un délai de 30 jours après la réception finale du produit, pour répondre aux questions des utilisateurs et pour la correction de tout éventuel dysfonctionnement.

DOCUMENTS A TRANSMETTRE PAR LE CONSULTANT

Le dossier de candidature doit comporter :

Offre technique

  • Le ou les CVs signé-s par les personnes impliquées où sont détaillées les expériences similaires à la présente candidature et les références et les justificatifs des travaux effectués ;
    • Une note méthodologique détaillant l’approche à suivre pour la réalisation des tâches assignées et atteindre les résultats escomptés de cette mission.

Offre financière

Offre financière précisant la rémunération en nombre de jours par livrable demandé. Le montant total de la prestation doit inclure toutes les taxes.

Critères d’éligibilité

  • Diplôme universitaire en informatique ou tout autre spécialiste de niveau universitaire pertinent, avec une expérience confirmée dans des projets de développement et de gestion d’applications Web ;
  •  Expérience dans l’ingénierie des bases de données.

Les consultant.e.s invité.e.s à soumissionner devront fournir un dossier complet, mentionné ci-après, via l’adresse fas@omct.org

Les candidatures relatives au présent appel d’offre comprendront :

  • Un CV détaillé (avec notamment des références et domaines d’expertise) ;
  • Une proposition méthodologique sur la base des informations fournies dans le présent document ;
  • Une proposition financière.

Date finale de réception des dossiers de candidature : 31 octobre 2021 (avant minuit).

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Communiqué de presse

العابرات جندريا تحت التعذيب

تونس في 09/10/2021

في سياق الوضع الانتهاكات المتصاعدة الذي توثقه الجمعيات و الحركات المدافعة عن التوجهات الجنسية و التعبيرات الجندرية و الخصائص الجنسانية المتنوعة و اللامعيارية خلال كل الفترة الماضية و  الهجمات المنظمة ضد مجتمع الميم-عين + في الفضاءات العامة و خاصة منهن.م العابرات و العابرين جندريا و كذلك الايقافات العشوائية و الاحتجاز اللاقانوني و تلفيق التهم ضد عاملي و عاملات الجنس منهن.م و كانت اخرها سلسلة الانتهاكات ضد عبرتان وقع احتجازهن في مركز الامن باب بحر و حرمانهن من حق الدفاع و المحامي.ة و التنكيل بهمن مما دفع احداهن لمحاولة الانتحار عبر رمي نفسها من الطابق الأول لشباك رئيس المركز الذي توجه لها متنمرا بأن حياتها و موتها لا يشكلان فارقا بالنسبة اليه و للدولة التي يمثلها .

و تواصل  التنكيل في المستشفى العمومي شارنيكول خلال عرضهن على الفحص الطبي بعد نقلها في سيارة الإسعاف , مرورا بمركز الإحتفاظ بوشوشة حيث تعرضت الناجيتان الى شتى أنواع الإهانة و الوصم و التشهير ما جعلهن عرضة للعنف و التحرش الجنسي من قبل الموقوفين و الأعوان على حد السواء  وصولا الى الجريمة الانتقامية التي اعادتنا الى مربع جرائم العذيب بالمؤسسة السجنية ضد العابرات, فقد عمد أعوان السجن المدني بالمرناقية الى تعرية الناجيات و الاعتداء عليهن و الحلق القسري لشعر هن بالرغم من توصيات رئيسة وفد الزيارة من الهيئة الوطنية للوقاية من التعذيب التي أجرت معهن مقابلة لتوثيق الانتهاك و أكدت لمدير السجن  أنهن نساء عابرات و ان شعرهن هو جزء من هويتهن الجندرية , كما تم عزلهن مباشرة  في غرف انفرادية معدة لمعاقبة مقترفي الجرائم السجنية لا تتوفر فيها أدنى ظروف العيش التي تضمن كرامة الانسان بالرغم من حلتهن الصحية و حاجتهن الملحة للحصول على التدخل طبي و الدواء

تطلب الجمعيات و المنظمات الممضية اسفله ب :

-فتح بحث تحقيقي على مستوى الوزارات المعنية و محاسبة كل المشرفين و القائمين على هذه الانتهاكات و الجرائم التعذيبية الشنيعة

– الكف عن ملاحقة المواطنات و المواطنين على أساس توجهاتهم.ن الجنسية و تعبيراتهم.ن الجندرية و نزع التجريم عنها و وقف التنكيل بهم.ن و الالتزام بكل الحقوق المنصوص عليها في قانون الإيقاف و الاحتفاظ

– تدعو الى تكثيف العمل المشترك لمراقبة أماكن الاحتجاز و الاحتفاظ و الأماكن السالبة للحرية و رصد انتهاكات حقوق الانسان و الحريات العامة و الفردية و خاصة المجموعات الأكثر هشاشة

المنظمات و الجمعيات الممضية :

الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الانسان

الجمعية التونسية للنساء الديمقراطيات

دمج الجمعية التونسية للعدالة والمساواة

المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية والاجتماعية

جمعية اوتكاست للعابرين و العابرات جندريا

أخصائيون نفسيون العالم- تونس

المنظمة التونسية لمناهضة التعذيب

جمعية بيتي

الجمعية التونسية للدفاع عن الحريات الفردية

منظمة شهيد الحرية نبيل البركاتي – ذكرى و وفاء

جمعية تفعيل الحق في الاختلاف

المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب

منظمة محامون بلا حدود

مركز دعم التحول الديمقراطي و حقوق الانسان

مجموعة توحيدة بالشيخ

الجمعية التونسية للدراسات الجندرية

جمعية تقاطع من اجل الحقوق و الحريات

جمعية منامتي

الجمعية التونسية للوقاية الإيجابية

الراقصون المواطنون الجنوب

الائتلاف التونسي لإلغاء عقوبة الإعدام 

جمعية باي الحوم جمعية النساء التونسيات للبحث حول التنمية

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Communiqué de presse

L’OMCT appelle le Tribunal administratif à être le protecteur des libertés fondamentales et lance des modèles de recours contre les mesures restrictives de liberté

Tunis, le 7 octobre 2021 – Les récentes décisions du Tribunal administratif rejetant les recours en référé contre des assignations à résidence arbitraires ordonnées par le ministère de l’Intérieur après le 25 juillet portent un coup à l’état de droit tunisien.

« La juridiction administrative semble avoir décidé de donner un blanc-seing à l’exécutif en fermant les yeux sur le caractère manifestement arbitraire de ces mesures et les lourdes conséquences matérielles et morales qu’elles engendrent sur ceux qui les subissent », constate Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT. « Dans un revirement jurisprudentiel des plus inquiétants le tribunal semble avoir ouvertement renoncé à son rôle de garde-fou contre les abus de pouvoir, alors qu’il s’était jusqu’alors le plus souvent distingué par son indépendance dans les contentieux relatifs à des restrictions arbitraires de liberté par le ministère de l’Intérieur ».

Espérant que le tribunal administratif retrouve son rôle de protecteur des libertés, l’OMCT met à la disposition des victimes de restrictions de liberté arbitraires deux modèles de recours en référé comprenant une analyse juridique détaillée de l’illégalité des mesures concernées :

L’OMCT va en outre fournir un appui technique à plusieurs victimes de restrictions arbitraires de liberté afin qu’elles puissent saisir le Comité des droits de l’homme des Nations unies. Il est urgent que les autorités tunisiennes se conforment aux standards internationaux applicables en la matière.

Retour sur un revirement jurisprudentiel liberticide

Les deux derniers mois ont été marqués par une multiplication des mesures attentatoires à la liberté de circulation de citoyen.ne.s. Ces mesures de contrôle administratif ordonnées par le ministère de l’Intérieur prennent essentiellement deux formes : l’interdiction / l’empêchement à quitter le territoire et l’assignation à résidence. Ces atteintes à la liberté de circulation des individus ne sont pas nouvelles. Des centaines, voire des milliers de personnes fichées S les ont subies ces dernières années. Elles ont été encore davantage généralisées depuis l’activation de l’État d’exception le 25 juillet malgré une jurisprudence très fournie du tribunal administratif qualifiant jusqu’à présent ces mesures d’inconstitutionnelles.

Aujourd’hui, le tribunal administratif a opéré un revirement jurisprudentiel qui pose question. Une mesure restrictive de liberté sera normalement suspendue en urgence par le tribunal si elle remplit deux conditions : elle doit être manifestement illégale et être susceptible d’engendrer un préjudice irréparable. Les mesures de contrôle administratif mises en œuvre par le ministère de l’Intérieur sont arbitraires car elles violent les conditions de légalité, nécessité et proportionnalité qui doivent être respectées par toute mesure de restriction de liberté.

En outre, en pratique, les restrictions de liberté engendrent des préjudices psychologiques et matériels indéniables sur les personnes qui les subissent. Les assignations à résidence sont particulièrement lourdes de conséquences en ce qu’elles portent le plus souvent une atteinte immédiate et manifeste au droit au travail, au droit à la vie familiale ou encore au droit à la santé entre autres droits et libertés fondamentaux. Les assignations à résidence peuvent donner lieu à un véritable harcèlement policier et même être constitutives de détention arbitraire lorsque le périmètre de l’assignation est restreint.

Malgré cela, le tribunal administratif a récemment estimé que rien n’établissait que les assignations à résidence engendrent des préjudices irréparables sur les personnes qui les subissent, sans d’ailleurs répondre aux arguments sérieux établissant que de telles mesures sont manifestement illégales. Ces décisions ont en outre été rendues après un délai excessivement long.

  • L’OMCT appelle la justice administrative à revenir sur cette nouvelle jurisprudence et à jouer son rôle de garde-fou contre les dérives de l’administration sécuritaire. Elle doit impérativement statuer sans délai et de façon indépendante et impartiale sur l’illégalité des mesures administratives de restriction de liberté imposées depuis des années à un grand nombre de citoyen.ne.s tunisien.ne.s.
  • L’OMCT invite les victimes de ces mesures à exercer des recours en responsabilité de l’État devant le tribunal administratif pour obtenir réparation du préjudice subi du fait de ces mesures. La mise en cause de la responsabilité de l’État et l’imposition de sanctions financières contribuera certainement à faire cesser ces pratiques arbitraires.

Contact médias :

En français/anglais : Hélène Legeay, hl@omct.org – Tél. : +216 98 746 566

En arabe : Hafid Hafi, hah@omct.org – Tél. : +216 98 746 582

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Plaidoyer et réformes

Les mesures de contrôle administratif attentatoires aux libertés

En temps normal, comme en situation d’Etat d’urgence ou d’exception, un Etat a le droit d’apporter des restrictions à certains droits et libertés fondamentales, afin notamment de protéger l’ordre, la santé, la moralité, la sûreté, la sécurité publiques, mais aussi les droits et libertés d’autrui.

De telles mesures restrictives doivent cependant respecter des conditions définies par le droit international des droits de l’Homme, principalement le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Il s’agit des conditions de légalité, nécessité et proportionnalité de la mesure. En outre, toute restriction de liberté doit pouvoir faire l’objet d’un contrôle juridictionnel sérieux, prompt et impartial. Toutes ces exigences posées par le droit international et consacrées par la Constitution tunisienne sont indispensables à l’existence d’un véritable Etat de droit.

En Tunisie, des centaines, voire des milliers de personnes sont fichées ou placées dans le collimateur du ministère de l’Intérieur en raison de leur dangerosité présumée pour l’ordre public. Ces personnes sont soumises à des mesures restrictives de liberté sur la base de leur fichage. Il s’agit de mesures de contrôle administratif ordonnées et mises en œuvre par le ministère de l’Intérieur. Ces mesures, parfois ponctuelles et répétées, parfois de plus longue durée sont de différentes sortes : contrôles routiers suivis d’une longue immobilisation voire d’un transfert au poste de police pour un interrogatoire, convocations répétées au poste de police, fouille du téléphone portable, visites domiciliaires, visites sur les lieux d’exercice professionnel, pressions sur les logeurs, les employeurs ou les proches, interdictions de sortie du territoire, privation de documents officiels, perquisitions administratives, assignation à résidence, etc.

Ces mesures restrictives impactent gravement les droits et libertés fondamentales des personnes visées tels que le droit à la sûreté de l’individu, le droit de ne pas être arrêté et détenu arbitrairement, la liberté d’aller et venir, le droit à la vie privée et à l’inviolabilité du domicile, le droit à l’égalité et à la non-discrimination fondée sur les convictions ou opinions politiques ou religieuses et la liberté d’opinion ou de conviction.

Or,  telles qu’elles sont mises en œuvre en Tunisie, les mesures de contrôle administratif ne respectent le plus souvent pas les exigences de légalité, nécessité et proportionnées et sont par conséquent arbitraires. Les personnes victimes de ces restrictions de liberté doivent alors se tourner vers la juridiction administrative pour obtenir la suspension, puis l’annulation des mesures et enfin réparation pour tout préjudice que leur mise en œuvre aura engendré.

Pour les accompagner dans leur quête de justice, SANAD Elhaq met à leur disposition une note juridique sur les standards internationaux encadrant les restrictions de libertés, ainsi que six modèles de recours en référé devant le tribunal administratif :

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Communiqué de presse

المنظّمة العالمية لمناهضة التعذيب تدعو المحكمة الإدارية لحماية الحرّيات الأساسيّة وتطلق نماذج طعون ضد الإجراءات المقيّدة للحرية

تونس في 07 أكتوبر 2021 – تشكّل قرارات المحكمة الإداريّة الأخيرة الرّافضة لدعاوى إيقاف تنفيذ الإقامة الجبريّة التعسّفيّة الصادرة عن وزارة الدّاخليّة إثر 25 جويلية ضربا لدولة القانون.

في تعليق منه على هذه القرارات ذكر جيرالد ستابيروك، الكاتب العامّ للمنظّمة العالميّة لمناهضة التّعذيب، أنّه « يبدو أنّ المحكمة الإدارية قرّرت منح السلطة التنفيذيّة صكّا على بياض مغمضةَ عينيها عن الطّبيعة التّعسّفيّة لهذه الإجراءات وعواقبها الماديّة والمعنويّة الوخيمة التي تمسّ كلّ من يعاني منها ». كما أضاف أنّه « في ظلّ هذا التّحوّل القضائي المثير للقلق يظهر أنّ المحكمة تخلّت عن دورها كضمانة ضدّ التعسّف في استعمال السلطة على الرّغم من أنّها تميّزت إلى حدّ الان وفي أغلب الأحيان باستقلاليّتها في النّزاعات المتعلّقة بتقييد الحرّية التّعسّفي المفروض من قبل وزارة الدّاخليّة ».

 على أمل أن تستعيد المحكمة الإدارية دورها كحامية للحريات، تتيح المنظّمة العالميّة لمناهضة التعذيب لضحايا الإجراءات التعسفية المقيّدة للحريّة نموذجي طعون في إيقاف تنفيذ هذه الإجراءات مبيّنة عدم قانونيّتها من خلال تحليل قانوني. تتمثّل هاته النّماذج في:

كما ستقدّم المنظّمة العالميّة لمناهضة التعذيب الدّعم القانوني للعديد من ضحايا الإجراءات التعسفية المقيّدة للحريّة حتّى يتمكّنوا من التّوجه إلى لجنة حقوق الإنسان التّابعة للأمم المتحدّة. من الضّروريّ أن تمتثل الدّولة التّونسيّة إلى المعايير الدّوليّة المعمول بها في هذا المجال.

تحوّل قضائي مقيّد للحريّة

شهد الشّهران المنقضيان زيادة في عدد الإجراءات المقيّدة لحريّة تنقّل المواطنين والمواطنات وهي إجراءات رقابة إداريّة أصدرتها وزارة الدّاخليّة وتتخذ أساسا شكلين: منع/تعطيل مغادرة التّراب التّونسي والإقامة الجبريّة. ويجدر التّذكير أنّ هاته الإجراءات ليست بالحديثة إذ عانى المئات إن لم يكن الالاف منها خلال السّنوات الأخيرة وقد تمّ تعميمها أكثر منذ تفعيل التّدابير الاستثنائيّة في 25 جويلية على الرّغم من وجود فقه قضاء ثريّ للمحكمة الإداريّة يكيّف هذه الإجراءات بعدم الدّستوريّة.

لقد مارست المحكمة الإداريّة اليوم تحوّلا قضائيّا محيّرا. يتمّ إيقاف تنفيذ الإجراء المقيّد للحريّة إستعجاليّا من قبل المحكمة إذا ما توفّر شرطان وهما أوّلا قيام الإجراء على أسباب غير قانونيّة في ظاهرها وثانيا تسبّب القرار في أضرار يصعب تداركها. إنّ إجراءات الرقابة الإدارية التي تنفّذها وزارة الداخلية تعسفيّة لأنّها تنتهك شروط الشرعية والضرورة والتناسب التي يجب احترامها عند تنفيذ أيّ إجراء مقيّد للحريّة.

بالإضافة إلى ذلك ومن الناحية العملية، تسبب القيود المفروضة على الحرية أضرارًا نفسية ومادية لا يمكن إنكارها للأشخاص الذين يعانون منها. للإقامة الجبرية عواقب وخيمة ذلك أنها غالبًا ما تنطوي على انتهاك واضح للحق في العمل أو الحق في الحياة الأسرية أو الحق في الصّحة إلى جانب عديد الحقوق والحريات الأساسية الأخرى. يمكن أن تؤدّي الإقامة الجبرية إلى هرسلة أمنية ويمكن أن تشكل احتجازًا تعسفيًا عندما يتم تقييد نطاق الإقامة.

على الرّغم من ذلك، قضت المحكمة الإدارية مؤخرًا بعدم وجود ما يثبت أن الإقامة الجبرية تسبب ضررًا لا يمكن تداركه للأشخاص الذين يعانون منها، دون الردّ على الحجج الجديّة التي تثبت أن مثل هذه الإجراءات غير قانونية بشكل واضح. كما صدرت هذه القرارات بعد تأخير طويل للغاية.

  • تدعو المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب القضاء الإداري إلى إعادة النّظر في السّوابق القضائيّة الأخيرة ولعب دوره كضامن ضد انتهاكات الآلة الأمنية وأن يحكم دون تأخير وبطريقة مستقلة وحيادية تامة في عدم قانونيّة الإجراءات الإدارية المقيدة للحرية المفروضة منذ سنوات على عدد كبير من المواطنين والمواطنات.
  • تدعو المنظّمة العالميّة لمناهضة التعذيب ضحايا هذه الإجراءات لرفع دعاوى تعويض ضدّ الدّولة أمام المحكمة الإدارية للحصول على تعويض عن الضرر الذي لحق بهم نتيجة لهذه الإجراءات. إنّ اثارة مسؤولية الدولة وفرض العقوبات المالية سيساعد بالتأكيد على وضع حدّ لهذه الممارسات التعسفية.

للمزيد من المعلومات، يرجى الإتّصال ب:

بالفرنسية والانقليزية : إيلان لوجي98 746 566 , hl@omct.org

بالعربية حفيظ حافي 98 746 582 hah@omct.org

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Communiqué de presse

Refoulement de migrants subsahariens vers la frontière libyenne

Le lundi 27 septembre 2021, différentes embarcations, quatre de nationalité étrangères et trois tunisiennes, ont quitté Kerkennah, l’archipel situé au large de la côte de Sfax. Après 12 heures de navigation, ils ont été interceptés par les unités maritimes de la garde nationale tunisienne, qui les ont ramenés vers la côte.

Selon les témoignages recueillis, les personnes de nationalité tunisienne auraient été libérés, tandis que les personnes d’origine subsaharienne ont été transférés vers la frontière libyenne.

Selon nos sources, le groupe d’étrangers était composé d’une centaine de personnes, dont plusieurs femmes, dont au moins trois étaient enceintes, ainsi que plusieurs mineurs.

À leur arrivée à la frontière avec la Libye, les agents de la garde nationale tunisienne auraient poussé  sous la menace des armes, les migrants à franchir la frontière libyenne. 

Un premier groupe de migrants a traversé la frontière libyenne et aurait été enlevé sur le territoire libyen. Selon nos sources, ils seraient actuellement détenus non loin de la frontière, à Zouara, dans une maison privée. Les ravisseurs  auraient exigé environ 500 dollars par tête pour les libérer.

Un autre groupe de migrants, initialement bloqués à Ras Jedir, aurait été arrêté récemment par les Libyens. Leurs téléphones, qui sont injoignables, seraient confisqués. Il y aurait deux femmes enceintes dans ce groupe, dont une femme de huit mois.

Des vidéos circulant en ligne montrent une femme qui a accouché en plein air et avec le seul appui d’un homme qui l’accompagnait. Les forces armées, qui auraient assisté à l’accouchement, les ont ensuite transférés à l’hôpital de Ben Guerdane.

Selon les témoignages recueillis, le groupe de migrants a été violemment battu à plusieurs reprises par les forces de sécurité tunisiennes depuis leur interceptions et jusqu’à leur refoulement à la frontière.

Des informations récentes rapportent que plusieurs femmes subsahariennes ont été violées en Libye, où tout le groupe de migrants est maltraité et privé de nourriture et d’assistance depuis maintenant cinq jours.

D’autres témoignages confirment qu’une autre déportation vers la Libye a eu lieu à la fin du mois d’août, impliquant également de nombreuses femmes et mineurs. La déportation vers la frontière libyenne du 27 septembre n’est pas un cas isolé mais fait partie des pratiques récurrentes de la part des autorités tunisiennes envers la population migrante en Tunisie.

Le comportement des autorités tunisiennes viole le droit international  les dispositions de la convention de Genève de 1951 relative aux réfugiés, ratifiée par la Tunisie en 1957.

Il semble que les expulsions soient systématiquement effectuées sur la base de la présomption que les ressortissants étrangers sont passés par la Libye avant d’entrer en Tunisie, malgré le fait que les personnes ont été arrêtées alors qu’elles tentaient de quitter la Tunisie et non en traversant la frontière tuniso-libyenne.

En outre, les déportations vers la Libye, qui ne peut en aucun cas être considérée comme un pays sûr vers lequel renvoyer des migrants, ne sont pas conformes au droit international et au principe de non-refoulement.

Le refoulement d’hommes, de femmes, dont plusieurs enceintes, et d’enfants, sans aucune procédure d’identification et d’assistance initiale, et sans leur donner la moindre possibilité de demander la protection internationale, viole les droits humains fondamentaux et le droit d’asile lui-même.

Cet épisode est d’autant plus grave que la Libye est un pays qui ne dispose d’aucune législation sur le droit d’asile et dont la violence et la torture à l’encontre des migrants ont été maintes fois dénoncées par la communauté internationale. 

La Tunisie expose des personnes, dont beaucoup en état de grande vulnérabilité, au risque réel d’être soumises à des traitements inhumains et dégradants en Libye.

Les refoulements vers la Libye rendent la Tunisie complice des graves violations et violences que les personnes transférées là-bas sont contraintes de subir.

Les associations signataires dénoncent les violations de droits humains dont sont victimes les migrants subsahariens et demandent aux autorités tunisiennes de leur permettre de retourner sur le territoire tunisien pour assurer une prise en charge adéquate de leur situation.

Les associations signataires :

ASF – Avocats Sans Frontières

FTDES – Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux

OMCT – L’Organisation mondiale contre la torture

Association ASGI – Associazione per gli Studi Giuridici sull’Immigrazione

Terre d’Asile Tunisie

Médecins du monde, mission Tunisie

ADLI- Association tunisienne de défense des libertés individuelles

Association BEITY

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Communiqué de presse

Tunisia: President’s power grab an alarming slide towards authoritarianism

Tunis, September 25, 2021 – The promulgation, on September 22, of Presidential Decree no. 117 implicitly abrogating the constitutional order in Tunisia is a first step towards authoritarianism. This turning point threatens the human rights and democratic aspirations of the Tunisian people.

While recognizing the limits of the current political system established by the constitution of 2014, we call for any reform of this system to be carried out in full respect of the constitutional order, and in particular of the separation of powers and in full guarantee of fundamental freedoms and human rights.

There may be a need to rethink the political system and to reform the 2014 Constitution, however, these reforms cannot be dictated unilaterally by the presidential power without pluralist debate and effective control.

According to presidential decree 117, the constitution of 2014 was suspended except for the preamble and the first two chapters on general provisions and rights and freedoms. The  transitional provisions provide the President of the Republic solely with the prerogative to legislate in all areas whether related to the organization of justice and the judiciary, the organization of information, the press, the organization of political parties, unions, associations, organizations and professional orders as well as their financing, the organization of internal security forces and customs, the electoral law, freedoms and human rights, personal status, or local power, and the organic budget law. The Presidency goes even further and reverses the universal rule of the supremacy of the constitution by placing the presidential decree-laws above the constitution. The chapters maintained in the constitution will only be respected when they do not contravene the exceptional measures and presidential decree-laws.

The constitution is no longer the source of laws, and no recourse will be possible against the presidential decrees. The provisional body for the review of the constitutionality of laws has been suspended. The President of the Republic exercises all executive powers and will be assisted by a government that acts entirely at the discretion of the President, who in turn chairs the Council of Ministers. All these powers are vested in the presidency without any time limit.

Under the disguise of a roadmap, the President with the support of a commission will be responsible for drawing up political reforms in order to establish « a true democratic regime in which the people are effectively the holders of sovereignty ». Contrary to recurring announcements by the President of the Republic, he has not progressed in the fight against corruption or against the impunity regarding the martyrs of the revolution, transitional justice, political assassinations and terrorism. There is also no clear program on how to stem the economic crisis that has plagued Tunisia for years. Tunisia, which has so far been the only country in the region that inspired hope for real change, seems to have turned its back on the emerging democracy.

Time and again in history, we have seen the serious consequences for human rights when either the executive or the presidential authority seized power. We recall that international human rights law authorizes, under strict conditions, the promulgation of emergency powers. However, these are temporary derogations strictly conditioned by the principles of legality, necessity and proportionality and by the existence of rigorous judicial control. Above all, international law requires that emergency situations be dealt with within the framework of the rule of law. Any change in the political or  constitutional framework must happen within the framework provided by the Constitution, which foresees the conditions for its own modification in full respect of the democratic process.

Faced with the alarming drifts we are witnessing, national and international civil society organizations strongly denounce the decisions taken unilaterally by President Kais Said, reaffirm their unwavering attachment to democratic principles and condemn the seizure of power and the lack of any form of safeguards. We undertake to support any process aimed at overcoming the current political and constitutional crisis on condition that it respects the rule of law, human rights guarantees and the democratic expression of the aspirations of the people.

List of signatories

  1. Association of Tunisian Women for Development Research
  2. Association of Théâtre Forum in Tunisia
  3. Beity Association
  4. Amnesty International -Section of Tunisia-
  5. International Commission of Jurists
  6. International Federation for Human Rights
  7. Human Rights Watch
  8. Lawyers Without Borders
  9. Nachaz Association
  10. No Peace Without Justice
  11. Organization Against Torture in Tunisia
  12. Democratic Labo’
  13. The voices of the youth in Krib
  14. Tunisian Association for the Defense of Individual Freedoms
  15. Tunisian Coalition for Dignity and Rehabilitation
  16. Tunisian League for Citizenship 
  17. Tunisian Network for Transitional Justice
  18. World Organisation Against Torture
  19. Open Society Foundation
  20. International Association for the Support of Political Prisoners
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Communiqué de presse

Tunisie : Accaparement du pouvoir par la présidence : une dérive sans précédent

Tunis, 25 septembre 2021 – La promulgation, le 22 septembre, du décret présidentiel no. 117 abrogeant implicitementl’ordre constitutionnel en Tunisie constitue un premier pas vers l’autoritarisme. Ce tournant menace les droits humains et les aspirations démocratiques du peuple tunisien.

Tout en reconnaissant les limites du système politique actuel mis en place par la Constitution de 2014, nous appelons à ce que toute réforme de ce système se fasse dans le plein respect de l’ordre constitutionnel, et notamment du principe de la séparation des pouvoirs et de la garantie des libertés et droits humains.

Quel que soit le besoin de repenser le système politique et de réformer la Constitution de 2014, ces réformes ne peuvent pas être dictées unilatéralement par le pouvoir présidentiel sans débat pluraliste ni contrôle effectif.

Selon le décret 117, la constitution du 27 janvier a été suspendue à l’exception du préambule et des deux premiers chapitres qui concernent les dispositions générales et les droits et les libertés. Les dispositions transitoires donnent au Président de la République seul la prérogative de légiférer dans tous les domaines sur lesquels portent les lois organiques , libertés et aux droits humains, liberté d’information et de presse, liberté d’association et des partis politiques, droit syndical, droits électoraux, liberté de manifestation pacifique ,  statut personnel,  organisation de la justice et de la magistrature, organisations   des ordres professionnels ainsi que leur financement,  organisation des forces de sécurité intérieure et de la douane, pouvoir local et la loi organique du budget.

 Il va plus loin et se permet d’inverser la règle universelle de suprématie de la constitution en accordant aux décrets lois une valeur supérieure à la constitution puisque même les chapitres qu’il a maintenus dans la constitution, ne sont respectés que lorsqu’ils ne contreviennent pas aux mesures d’exception et aux décrets lois qu’il adopte.

La Constitution n’est plus désormais source des lois. Aucun recours contre les décrets présidentiels n’est possible . L’instance provisoire du contrôle de la constitutionnalité des lois a été suspendue également.

L’exercice du pouvoir exécutif revient aussi au président de la République assisté d’un gouvernement constitué de ministères qu’il peut supprimer et de ministres qu’il peut limoger. Il préside le conseil des ministres et peut déléguer cette prérogative à un chef du gouvernement qu’il nomme. Tous ces pouvoirs sont conférés à la présidence sans limitation dans le temps.

En guise de feuille de route, le président, en vertu des dispositions du décret-loi, est chargé de procéder à des réformes politiques, avec l’aide d’une commission, afin d’établir « un véritable régime démocratique dans lequel le peuple est effectivement le titulaire de la souveraineté ». Contrairement à ses annonces de plus en plus récurrentes ces derniers mois, le Président de la République n’a annoncé aucune mesure s’agissant de la lutte contre la corruption, l’impunité qui règne dans les dossiers des martyrs de la révolution et autres dossiers de justice transitionnelle, des assassinats politiques et du terrorisme. Aucun programme clair n’est non plus prévu pour endiguer la crise économique dans laquelle sombre la Tunisie depuis des années.

La Tunisie, ce seul pays, en transition démocratique dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient, qui a nourri,  jusque-là, l’espoir d’un changement réel, semble avoir ainsi tourné la page de la démocratie émergente.

Nous avons vu à maintes reprises dans l’histoire les conséquences graves pour les droits humains d’un accaparement de compétences quasi illimitées par l’exécutif ou l’autorité présidentielle

Nous rappelons que le droit international des droits humains autorise, dans des conditions strictes, l’adoption  de pouvoirs d’exception, mais il s’agit là de dérogations temporaires strictement conditionnées par les principes de légalité, nécessité et proportionnalité et par l’existence d’un contrôle juridictionnel rigoureux. Le droit international requiert avant tout que les situations d’urgence soient traitées dans le cadre de l’État de droit. Tout changement du cadre politique et constitutionnel doit être élaboré dans le cadre prévu par la Constitution qui prévoit les conditions de sa propre modification, dans le respect du processus démocratique.

Face aux dérives alarmantes auxquelles nous assistons, les organisations nationales et internationales de la société civile dénoncent avec la plus grande fermeté les décisions prises de manière unilatérale par le président Kais Said, réaffirment leur attachement indéfectible aux principes démocratiques et condamnent l’accaparation du pouvoir et l’absence de toute forme de garde-fou.

 Elles s’engagent à soutenir tout processus visant à surmonter la crise politique et constitutionnelle actuelle à condition qu’il s’inscrive dans le respect de l’État de droit, de la garantie des droits humains et de l’expression démocratique des aspirations du peuple tunisien.

Liste des organisations signataires :

  1. Association Beity
  2. Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche sur le Développement 
  3. Association tunisienne de Défense des Libertés Individuelles
  4. Association La Voix des Jeunes de Krib
  5. Association Théâtre Forum Tunisie
  6. Association Nachaz
  7. Amnesty Internationale -Section de la Tunisie-
  8. Avocats Sans Frontières
  9. Coalition Tunisienne pour la Dignité et la Réhabilitation
  10. Commission Internationale des Juristes
  11. Fédération Internationale pour les Droits Humains 
  12. Human Rights Watch
  13. Labo’ Démocratique
  14. La Ligue Tunisienne pour la Citoyenneté
  15. No Peace Without Justice
  16. Organisation Contre la Torture en Tunisie
  17. Organisation Mondiale Contre la Torture
  18. Réseau Tunisien pour la Justice Transitionnelle
  19. Open Society Foundation
  20. Association internationale de soutien aux prisonniers politiques

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Communiqué de presse

تونس انفراد الرئاسة بالحكم: انحراف غير مسبوق

تونس في 25 سبتمبر 2021

يعدّ صدور الأمر الرئاسي عدد 117 يوم 22 سبتمبر، القاضي ضمنيا بإلغاء النظام الدستوري، أولى الخطوات نحو الاستبداد في تونس، لما ينطوي عليه هذا المنعطف من تهديدات تمس من حقوق الإنسان والتطلعات الديمقراطية للشعب التونسي.

مع الإقرار بحدود النظام السياسي الذي أرساه دستور 2014 فإننا ندعو إلى أن يمتثل تنفيذ أي إصلاح لهذا النظام لمقتضيات النظام الدستوري على نحو كامل، ولا سيما الفصل بين السلطات وسيادة القانون وآليات ضمان الحريات وحقوق الإنسان. وان كانت الحاجة ملحة إلى إعادة التفكير في النظام السياسي وإدخال تعديلات على دستور 2014، فإنه لا يمكن أن يقع إملاء هذه الإصلاحات بصفة أحادية من جانب السلطة الرئاسية دون حوار تعددي ورقابة فعلية.

وبحسب الأمر الرئاسي عدد 117، فقد تم تعليق العمل بالدستور الصادر في 27 جانفي باستثناء الديباجة والبابين الأول والثاني المتعلقين بالأحكام العامة والحقوق والحريات. تمنح الأحكام الانتقالية لرئيس الجمهورية دون سواه صلاحية التشريع في جميع مجالات القوانين الأساسية سواء تلك المتعلقة بتنظيم سير العدالة والقضاء وتنظيم الإعلام والصحافة والنشر وتنظيم الأحزاب السياسية والنقابات والجمعيات والمنظمات والقطاعات المهنية وتمويلها بالإضافة إلى تنظيم قوات الأمن الداخلي والديوانة وقانون الانتخابات والحريات وحقوق الإنسان والأحوال الشخصية والسلطة المحلية وقانون الأساسي لميزانية الدولة. كما ذهب الرئيس إلى أبعد من ذلك حيث عكس القاعدة العامة لعلوية الدستور بإعطائه المراسيم الرئاسية مرتبة قانونية أعلى من الدستور فحتى الفصول التي احتفظ بها في الدستور لا يتم العمل بها إلا عند عدم تعارضها مع التدابير الاستثنائية والمراسيم التي يقوم بإصدارها، فلم يعد الدستور مصدرالقوانين ولم يعد بالإمكان الطعن في قرارات الرئيس وعلاوة على ذلك تم تعليق مهام الهيئة المؤقتة لمراجعة دستورية القوانين. كما تعود ممارسة السلطة التنفيذية لرئيس الجمهورية بمساعدة حكومة مؤلفة من وزراء يمكن له إقالتهم ;ووزارات بإمكانه إلغائها فهو الذي يترأس مجلس الوزراء ويمكنه تفويض هذا الامتياز لرئيس الحكومة الذي يعينه بنفسه، وجميع هذه الصلاحيات منوطة برئاسة الجمهورية دون أي سقف زمني.

بحسب خارطة الطريق التي رسمها هذا الأمر فإن رئيس الجمهورية هو المسؤول عن صياغة الإصلاحات السياسية بمساعدة لجنة بهدف إرساء « نظام ديمقراطي حقيقي يكون فيه الشعب صاحب السيادة الفعليًة ». وخلافا لتصريحاته المتكررة بشكل متزايد في الأشهر الأخيرة لم يعلن رئيس الجمهورية عن أية إجراءات لمكافحة الفساد والإفلات من العقاب الذي يسود ملفات شهداء الثورة وغيرها من الملفات المتعلقة بالعدالة الانتقالية والاغتيالات السياسية والإرهاب كما أنه لم يقدم برنامج واضح ومخطط يهدف إلى وضع حد للأزمة الاقتصادية التي تعاني منها تونس منذ سنوات.

يبدو أن تونس البلد الوحيد الذي حافظ حتى الآن على الأمل بإحداث تغيير حقيقي ها هو الآن بصدد طي صفحة الديمقراطية الناشئة.

علاوة على ذلك، فقد لاحظنا تاريخيا العواقب الوخيمة على حقوق الإنسان نتيجة الاستيلاء غير المحدود على السلطات من قبل السلطة التنفيذية أو حتى من جانب الرئيس. نذكر في هذا الإطار، أن القانون الدولي لحقوق الإنسان يسمح في ظل شروط صارمة بتبني صلاحيات استثنائية، لكن تظل هذه الاستثناءات مؤقتة وخاضعة بشكل صارم لمبادئ الشرعية والضرورة والتناسب ويشترط وجود « رقابة قضائية صارمة. » 

زد على ذلك، فإن القانون الدولي ينص على إلزامية التعامل مع حالات الطوارئ في إطار سيادة القانون ويتعين إحداث أي تغيير في النظامين السياسي والدستوري ضمن الإطار المنصوص عليه في الدستور، والذي يوفر شروط تعديله، مع الامتثال لمقتضيات المسار الديمقراطي.

في مواجهة هذا الانحراف غير المسبوق الذي تشهده تونس اليوم، تدين منظمات المجتمع المدني بشدة القرارات التي اتخذها الرئيس قيس سعيد بصفة أحادية تؤكد تمسكها الثابت بالمبادئ الديمقراطية وتدين الاستحواذ على السلطة في ظل غياب أي شكل من أشكال الضمانات.

كما تتعهد هذه المنظمات بدعم أي عملية تهدف إلى تجاوز الأزمة السياسية والدستورية الحالية بشرط احترام سيادة القانون والتعبير الديمقراطي عن تطلعات الشعب التونسي.

  1. المنظمة التونسية لمناهضة التعذيب
  2. جمعية النساء التونسيات للبحث حول التنمية
  3. جمعية بيتي
  4. جمعية نشاز
  5. مخبر الديمقراطية
  6. الجمعية التونسية للدفاع عن الحريات الفردية
  7. الرابطة التونسية للمواطنة
  8. هيمون رايتس وووتش
  9. منظمة العفو الدولية فرع تونس
  10. محامون بلا حدود
  11. لا سلام بدون عدالة
  12. التحالف التونسي للكرامة ورد الإعتبار
  13. الشبكة التونسية للعدالة الإنتقالية
  14. اللجنة الدولية للحقوقيين
  15. المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب
  16. الفيدرالية الدولية لحقوق الإنسان
  17. جمعية مسرح الحوار تونس
  18. جمعية شباب الكريب
  19. Open Society Foundations
  20. الجمعية الدولية لمساندة المساجين السياسيين
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Appel à candidature

APPEL À CANDIDATURE | Coordinateur/Coordinatrice juridique -Centre SANAD Kef

L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) est une association internationale à but non-lucratif. Elle constitue aujourd’hui la principale coalition internationale d’organisations non gouvernementales (ONG) luttant contre la torture, les exécutions sommaires, les disparitions forcées et tout autre traitement cruel, inhumain ou dégradant. Depuis septembre 2011, le bureau de l’OMCT en Tunisie accompagne les autorités et la société civile dans la prévention de la torture et des mauvais traitements et œuvre à renforcer leurs capacités dans ce domaine. Les interventions de l’OMCT en Tunisie concernent quatre axes complémentaires : (1) l’assistance directe aux victimes de torture et des mauvais traitements, (2) le plaidoyer pour des réformes législatives et institutionnelles, (3) l’appui technique aux institutions, ainsi que (4) la sensibilisation du grand public.

Termes des références

Le Coordinateur/La Coordinatrice Juridique travaillera sous la supervision de la directrice du programme SANAD et en droite coopération avec tous les membres de l’équipe. Le lieu d’affectation sera le Kef.

Le Coordinateur/La Coordinatrice Juridique a pour mission d’accueillir et d’écouter les personnes qui s’adressent au centre de conseil SANAD au Kef qui offre une assistance juridique, psycho-sociale et médicales pour les victimes de torture et de mauvais traitements. Le Coordinateur/La Coordinatrice Juridique fournit un conseil juridique après un examen préliminaire des dossiers, pour une meilleure orientation au réseau des avocat/e/s si demandé. Il/elle accompagnera le bénéficiaire avec un conseil juridique et suivra l’avancement des dossiers avec les avocat/e/s et une équipe spécialisée auprès des tribunaux. Le Coordinateur/La Coordinatrice Juridique aura à faire des déplacements si nécessaires, au tribunal, en prison, à l’hôpital, chez le bénéficiaire, etc. Il/elle restera informé sur l’avancement des affaires et coordonnera la prise en charge des bénéficiaires avec les collègues sur place et dans les autres bureaux de l’OMCT.

Dans le respect des personnes, de leur dignité, de leur intimité et de la confidentialité, il/elle :

  • Est tenu (e) par le secret professionnel et ne doit en aucun cas divulguer des informations personnelles des bénéficiaires ou relatives à l’activité du centre à une tierce personne, sauf pour les besoins de l’exercice de la fonction.
  • Assure une bonne documentation et un archivage complet de tous les dossiers.
  • Rédige une variété de courriers et de contrats.
  • Conçoit, gère et met en œuvre un programme de travail et de coordination entre les différents acteurs du réseau (nombre et fréquence des réunions, mode de suivi de dossiers à distance, nécessité ou non d’assister aux procès) en coordination avec l’équipe SANAD Elhaq.
  • Collabore avec l’équipe du bureau de Tunis et les autres centres à des fins d’éducation aux droits humains et de création d’initiatives sur tout le territoire pour prévenir les violations.
  • Travaille en étroite collaboration avec la société civile et les autorités locales pour une optimisation de la prestation fournie aux victimes qui sollicitent les services du centre.
  • Démontre un excellent sens de l’appréciation psychologique en plus d’une capacité à proposer rapidement des solutions efficaces et pragmatiques aux problèmes qui se présentent.
  • Manifeste une détermination en présence d’intimidations éventuelles, de tentatives de manipulation contre le bon déroulement des procès et contre l’intérêt des bénéficiaires.
  • Manifeste un haut niveau d’intégrité et de diplomatie.
  • Participe à des réunions, des programmes de formation et des groupes de travail.

Qualifications requises :

  • Maîtrise/licence en droit et un intérêt confirmé en matière de droits de l’Homme.
  • Au moins trois ans d’expérience professionnelle, et une expérience confirmée dans un domaine similaire ;
  • Maitrise parfaite de l’arabe et du français, une bonne connaissance de l’anglais serait un atout.
  • Excellentes capacités de rédaction de rapports ainsi qu’une bonne communication orale et écrite.
  • Aptitude à travailler en équipe et à répondre aux sollicitations urgentes.
  • Capacité à prendre des initiatives, à traiter des demandes quotidiennes, ou urgentes et à respecter les délais.
  • Professionnalisme, enthousiasme et responsabilité.
  • Excellente maîtrise de l’informatique.
  • Prêt(e) à voyager régulièrement dans le pays.

Conditions et candidatures :

Merci de noter qu’aucune information ne sera donnée par téléphone. Seul(e)s les candidat(e)s présélectionné(e)s seront contacté(e)s.