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SANAD REPORT 2022-2023

PRESENTATION OF THE SANAD REPORT 2022-2023

« I knew again what happiness meant when I met SANAD », Samira, 33.

Samira has suffered years of police harassment, preventing her from working and providing a stable environment for her three children, whom she is raising alone. SANAD has been providing Samira with psychological and legal assistance ever since she entered the direct assistance program SANAD in 2020, that helped her obtain social welfare benefits and a free-of-charge healthcare scheme.

Samira is one of 932 beneficiaries accompanied by SANAD on the road to rehabilitation, since the program’s inception in 2013. SANAD offers victims of torture and ill-treatment and their families psychological, social, medical and legal support. Holistic assistance defined on a case-by-case basis according to the needs of each beneficiary, whether direct or indirect victims of institutional violence.

SANAD today publishes its activity report covering the period from January 2022 to June 2023. During this period, we welcomed 187 new beneficiaries and continued to care for hundreds of others who had entered the program in previous years.

SANAD changes lives

In this report, we share success stories, in all areas of direct assistance. We are proud of these success stories, which are the fruit of many years of experience of the SANAD team, but also of prolific collaborations with our professional partners, whether lawyers, doctors, psychologists, specialized associations or public institutions.

Compensation for physical and psychological harm, the resumption of professional activity, social reintegration, an end to police harassment, the conviction of officers responsible for violations, and compensation for victims are among the many ambitious but essential objectives that SANAD strives to achieve on a daily basis.

However, the road to rehabilitation is strewn with ever-increasing obstacles, in a political context marked by the erosion of fundamental freedoms. We are constantly working to strengthen our network and develop strategies, particularly in the legal arena, to overcome certain difficulties and obtain satisfactory reparation for our beneficiaries. This report is an opportunity to share our concerns about these growing obstacles, which have serious consequences for victims, their families and Tunisian society as a whole.

The SANAD Report 2022-2023 is more than just a report on activities; it also serves to raise awareness. It is a reminder that the phenomenon of torture persists, and that it can affect anyone, at any time. It calls for vigilance and mobilization on everyone’s part to put an end to this scourge, which undermines the very foundations of « living together » and seriously threatens the future of Tunisian democracy.

Press contacts

Najla Talbi, Directrice SANAD, nt@omct.org

Helene Legeay, Directrice SANAD Elhaq, hl@omct.org

SANAD REPORT

Press file

Press release

Version Arabe

Version Française

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تقرير سند 2022-2023

« عرفت مرة أخرى معنى السعادة عندما قابلت سند  » سميرة، 33 سنة.

تعاني سميرة منذ سنوات من مضايقات الشرطة مما منعها من العمل وتوفير بيئة مستقرة لأطفالها الثلاث الذين تسهر على تربيتهم لوحدها. بدأت سند منذ 2020 في تقديم مساعدة نفسية وقانونية لسميرة وساعدتها في الحصول على مساعدات اجتماعية ودفتر علاج.

تعد سميرة واحدة من بين ال 932 مستفيد ومستفيدة الذين يحظون بإحاطة برنامج سند في إعادة التأهيل، وذلك منذ إنشائه سنة 2013.

يقدم سند الدعم النفسي والاجتماعي والطبي والقانوني لضحايا التعذيب وسوء المعاملة وكذلك لأقاربهم، مساعدة شاملة يتم تحديدها على أساس كل حالة على حدة وفقًا لاحتياجات كل مستفيد، سواء كان ضحية مباشرة أو غير مباشرة للعنف المؤسساتي.

ينشر سند اليوم تقرير نشاطه من جانفي 2022 ماي 2023. خلال هذه الفترة، استقبلنا 187 مستفيدًا جديدًا مع الاستمرار في دعم المئات الآخرين من المستفيدين الذين انضموا الى البرنامج خلال السنوات السابقة.

سند يغير حياة الناس

في هذا التقرير، نشارك قصص نجاحات في جميع مجالات الدعم. نجاحات نفتخر بها وهي تعتبر ثمرة خبرة طويلة لفريق سند، كما هي نتيجة لتعاون مثمر مع الشركاء المحترفين للبرنامج، سواء كانوا محامين أو أطباء أو اخصائيين نفسيين أو حتى جمعيات أو مؤسسات عمومية متخصصة.

من بين الأهداف الأساسية التي يعمل سند على تحقيقها يوميا هي جبر الأضرار النفسية والجسدية، واستئناف النشاط المهني، وإعادة الادماج الاجتماعي، ووقف مضايقات الشرطة، وإدانة المسؤولين عن الانتهاكات، وتعويض الضحايا.

إن الطريق نحو إعادة تأهيل الضحايا تتخلله عوائق جسيمة أكثر من أي وقت مضى، وذلك نظراً للسياق السياسي الحالي المتسم بتآكل الحريات الأساسية. نعمل باستمرار على تعزيز شبكتنا وتطوير الاستراتيجيات، بما في ذلك الاستراتيجيات القانونية للتغلب على بعض الصعوبات والحصول على تعويضات للمستفيدين. هذا التقرير هو فرصة لمشاركة مخاوفنا بشأن هذه العوائق المتزايدة التي لها عواقب وخيمة على الضحايا وعائلاتهم والمجتمع التونسي ككل.

إضافة إلى كونه تقرير نشاط « سند »، فهو يعمل أيضا على زيادة الوعي.  والتذكير بأن ظاهرة التعذيب مستمرة وأنها يمكن أن تؤثر على أي شخص في أي وقت.  التقرير هو دعوة للجميع إلى توخي اليقظة والتعبئة لوضع حد لهذه الآفة التي تقوض أسس « العيش المشترك » وتهدد بشكل خطير مستقبل الديمقراطية التونسية.

تقرير سند

ملف صحفي

بيان صحفي

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RAPPORT SANAD 2022-2023

« J’ai à nouveau su ce que le bonheur signifie quand j’ai rencontré SANAD », Samira, 33 ans.

Samira subit depuis des années un harcèlement policier qui l’empêche de travailler et de fournir un environnement stable à ses trois enfants qu’elle élève seule. Depuis le début de sa prise en charge en 2020, SANAD fournit à Samira une assistance psychologique et juridique et l’a aidée à obtenir des aides sociales et un carnet de soins.

Samira est une des 932 bénéficiaires accompagné.e.s par SANAD sur la voie de la réhabilitation, depuis la création du programme en 2013. SANAD offre aux victimes de torture et mauvais traitements ainsi qu’à leurs proches une prise en charge psychologique, sociale, médicale et juridique. Une assistance holistique définie au cas par cas selon les besoins de chaque bénéficiaire, victimes directes ou indirectes de la violence institutionnelle.

SANAD publie aujourd’hui son rapport d’activité couvrant la période de janvier 2022 à juin 2023. Pendant cette période, nous avons accueilli 187 nouveaux bénéficiaires et poursuivi la prise en charge de centaines d’autres, entré.e.s dans le programme les années précédentes.

SANAD change des vies

Dans ce rapport, nous partageons des histoires de réussite, dans tous les domaines de la prise en charge. Des réussites dont nous sommes fièr.e.s et qui sont le fruit d’une longue expérience de l’équipe SANAD, mais aussi de collaborations fructueuses avec des professionnels partenaires du programme, qu’ils soient des avocat.e.s, médecins, psychologues ou encore des associations ou des institutions publiques spécialisées.

La réparation des préjudices physiques et psychologiques, la reprise d’activité professionnelle, la réinsertion sociale, la cessation du harcèlement policier, la condamnation des agents auteurs des violations, l’indemnisation des victimes sont parmi les nombreux objectifs, ambitieux mais essentiels, que SANAD s’emploie quotidiennement à atteindre.

Le parcours vers la réhabilitation des victimes est cependant jalonné d’obstacles toujours plus nombreux, dans un contexte politique marqué par l’érosion des libertés fondamentales. Nous travaillons de façon continue au renforcement de notre réseau et à l’élaboration de stratégies, notamment judiciaires, pour dépasser certaines difficultés et obtenir une réparation satisfaisante pour nos bénéficiaires. Ce rapport est l’occasion de faire part de nos préoccupations face ces obstacles grandissants qui sont lourds de conséquences pour les victimes, leurs familles, et la société tunisienne dans son ensemble.

Au-delà d’un bilan d’activités, le rapport SANAD fait œuvre de sensibilisation. Il est un rappel que le phénomène tortionnaire persiste, qu’il peut toucher n’importe qui, n’importe quand. Il invite à la vigilance et à la mobilisation de tou.te.s pour en finir avec ce fléau qui sape les fondements même du « vivre ensemble » et menace sérieusement le devenir de la démocratie tunisienne.

Rapport SANAD FR

Dossier de presse FR

Communiqué de presse

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Pour un engagement civique contre la torture

21 juin 2023

La Tunisie commémorera le 26 juin, la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture.  

Après des décennies d’abus et d’atrocités horribles dans le monde entier, ainsi que des efforts croissants de la société civile pour protéger l’universalité des droits humains, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté après des longues années de négociation la convention des Nations unies contre la torture (CAT) en 1984. La convention est entrée en vigueur le 26 juin 1987. La Tunisie l’a signée en 1988, il y a aujourd’hui 35 ans.  

Dans un contexte politique inquiétant marqué par la recrudescence de la violence institutionnelle et de l’impunité, les menaces qui guettent les acquis du peuple tunisien et son droit de jouir des libertés collectives et individuelles ne cessent de s’accroitre. En outre, la recrudescence des condamnations à mort s’accélère à un rythme inquiétant reflétant la position présidentielle en faveur du rétablissement des exécutions.

La convention contre la torture est claire et absolue : « Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture » ou toute autre forme de traitement cruel, dégradant et inhumain. 

Cependant aujourd’hui, les opposant.e.s politiques, les journalistes, les magistrat.e.s, les activistes, les défenseurs des droits humains, les migrant.e.s, les membres de la communauté LGBTIQ, et plein d’autres personnes sont ciblé.e.s par le pouvoir exécutif et l’appareil sécuritaire. Les discours présidentiels appellent à une division du peuple tunisien entre les partisans du pouvoir et tous les autres, qualifiés d’ennemi de la nation. Les paroles se doublent de passages à l’acte à travers des vagues d’arrestation, de poursuites et de condamnations visant bien souvent à censurer la liberté de pensée et d’expression. Les migrant.e.s, notamment de l’origine subsaharienne, sont eux-aussi victimes de la dérive répressive et subissent des violences et de multiples violations de leurs droits fondamentaux motivé par une discrimination raciale. La toute-puissance des forces sécuritaires nourrit la violence institutionnelle qui s’abat aujourd’hui aussi bien sur des cibles choisies que sur le citoyen lambda. La torture et les mauvais traitements sont monnaie courante et visent le plus souvent à punir et à faire peur. 

Le pouvoir judiciaire, ciblé par des attaques d’une rare gravité, peine à jouer son rôle de garde-fou contre ces dérives de l’exécutif. Dans ce contexte de déséquilibre flagrant des pouvoirs, l’impunité retrouve de sa vigueur tandis que l’État de droit, qui émergeait fébrilement depuis quelques années, sombre de nouveau. 

Aujourd’hui, plus que jamais, la société civile doit se faire le porte-voix des nombreuses victimes de violations et documenter, dénoncer, sensibiliser, se mobiliser, aider, protéger et plaider sans relâche pour l’éradication du phénomène tortionnaire. 

A cette fin, nos associations organisent une série d’évènements à travers le pays pour dire « Non à la torture ! » et défendre le droit à la vie et la dignité humaine.

Liste des évènements 

  • 21 juin : Tunis : Instance Nationale pour la Prévention de la Torture : Organisation d’une conférence à l’occasion de la journée pour le soutien aux victimes de la torture  
  • 22 juin : Tunis : Organisation mondiale contre la torture : Présentation du rapport SANAD 2022-2023 et remise de prix honorifique à Me. Radhia Nasraoui. 
  • 23 juin : Membres du réseau SOS-Torture : Publication de la timeline de 12 cas emblématiques de violences institutionnelles, enregistrés durant la période juin 2022-juin 2023. 
  • 24 juin: Sousse: Association Awledna à Sousse : Coffee talk sur les obstacles à la justice pour les victimes de torture et mauvais traitements avec la participation de l’Instance nationale pour la prévention de la torture, des représentant.e.s de la commission droits et libertés du parlement, des représentant.e.s de la  société civile, des activistes et des étudiant.e.s de droit et médecine. 
  • 24 juin: Sousse : Association Awledna à Sousse : Visite de soutien à un jeune victime de violences policières.  
  • 25 juin : Sfax : Fondation Heinrich-Böll à travers son projet Sharek et l’association Ifriqiya : Rencontre de sensibilisation autour de la violence Institutionnelle et les obstacles d’accès à la justice et aux droits pour les victimes avec la participation de l’Instance nationale de prévention de la torture et des représentant.e.s. de la société civile. 
  • 25 juin : Bizerte : Fondation Heinrich-Böll à travers son projet Sharek : Projection-débat avec les jeunes autour de la thématique des violences institutionnelles et le droit à l’intégrité physique et morale.  
  • 25 juin : Hay Ettadhamen : Fondation Heinrich-Böll à travers son projet Sharek : Projection-débat avec les jeunes autour de la thématique des violences institutionnelles et le droit à l’intégrité physique et morale.  
  • 26 juin : Tunis : Marche annuelle rituelle pour le soutien aux victimes de la torture avec la participation de la société civile et de l’INPT : Départ 09.30 devant le Palais de la Justice à Bab Bnet (Tunis) vers le terrain de l’ancienne prison ‘9 avril’. 
  • 26 juin : Tunis : Instance Nationale pour la Prévention de la Torture et les composantes de la société civile : Tente sur le terrain de l’ancienne prison « 09 avril » avec des témoignages.
  • 26 juin : Tabarka : Le projet “Traces of Mobility: Violence and solidarity” organise un débat sur les droits des migrants victimes de torture.
  • 26 juin : Sfax : Association Ifriqiya : Publication d’une enquête en ligne portant sur la violence institutionnelle sur les réseaux sociaux de l’association,
  • 26 juin : Sfax : publication des vidéos de témoignages de victimes ou témoins de violence institutionnelle.

Liste des signataires

  • Organisation Mondiale Contre la Torture 
  • Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme
  • Organisation contre la torture en Tunisie
  • Coalition Tunisienne Contre la Peine de Mort
  • DAMJ Association pour la justice et l’égalité 
  • Psychologues du Monde – Tunisie
  • Association Awledna
  • Association Ifriqiya
  • Avocats Sans Frontières

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