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OFFRE D’EMPLOI | Chargé.e des finances & conformité

L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) est une association internationale à but non-lucratif. Elle constitue aujourd’hui la principale coalition internationale d’organisations non gouvernementales (ONG) luttant contre la torture, les exécutions sommaires, les disparitions forcées et tout autre traitement cruel, inhumain ou dégradant. Depuis septembre 2011, le bureau de l’OMCT en Tunisie accompagne les autorités et la société civile dans la prévention de la torture et des mauvais traitements et œuvre à renforcer leurs capacités dans ce domaine. Les interventions de l’OMCT en Tunisie portent sur l’assistance directe et pluridisciplinaire aux victimes de torture et de la violence institutionnelle, le plaidoyer et la sensibilisation du grand public.

Le bureau de l’OMCT en Tunisie cherche à recruter un.e chargé.e des finances & conformités pour un poste à temps plein.

Termes des références

Le/la chargé.e des finances et de la conformité travaillera sous la supervision directe de la Directrice des Finances du bureau de l’OMCT en Tunisie et en coopération avec l’ensemble de l’équipe. Sa principale mission sera de :

Finances

  • Assurer la gestion de la caisse et réaliser des inventaires réguliers.
  • Effectuer les rapprochements bancaires mensuels.
  • Traiter les paiements aux fournisseurs en garantissant le contrôle des pièces justificatives (bons de commande, retenues à la source, etc.) et leur archivage physique et électronique ; signaler toute anomalie à la Directrice des finances.
  • Mettre à jour la plateforme de transfert et d’échange des données fiscales « Tej ».
  • Préparer les contrats et les notes d’honoraires des consultant·e·s.
  • Appuyer la vérification des rapports financiers des projets, y compris ceux mis en œuvre par les partenaires.
  • Vérifier les conditions de paiement (livrables, conformité, validations) et appuyer la préparation des demandes de paiement.
  • Contribuer à la préparation et à la mise en œuvre d’audit du projet.

Conformité

  • Vérifier la conformité des dossiers d’achat (devis, appels d’offres, procès-verbaux de sélection).
  • S’assurer du respect des seuils et des règles de mise en concurrence.
  • Veiller à l’application des procédures internes et des exigences des bailleurs, notamment en matière de passation de marchés, avant tout paiement.
  • Garantir la conformité légale en assurant le renouvellement des documents officiels de l’OMCT et de ses partenaires.
  • Identifier les risques financiers et de non-conformité et proposer des mesures d’atténuation.
  • Assurer le suivi des points de vigilance (contrôle interne, traçabilité, archivage).

Appui à la gestion des financements en cascade

  • Assurer le suivi financier et administratif des partenaires dans le cadre des financements en cascade.
  • Vérifier la conformité des rapports financiers et des pièces justificatives des partenaires.
  • Accompagner les partenaires dans l’application des procédures des bailleurs et des règles internes.
  • Fournir un appui technique dans la préparation des rapports financiers.
  • Participer aux contrôles et audits des partenaires et suivre la mise en œuvre des recommandations.
  • Identifier les risques de non-conformité chez les partenaires et proposer des actions correctives.
  • Assurer la coordination avec les équipes programmes pour le suivi des partenaires.
  • Maintenir une communication régulière avec les partenaires sur les aspects financiers et administratifs.
  • Suivre les échéances contractuelles (rapports, paiements, audits).
  • Veiller à la traçabilité et à l’archivage des documents liés aux partenaires.

QUALIFICATIONS REQUISES

  • Diplôme universitaire (Licence ou Master) en finance, comptabilité, audit, gestion ou domaine équivalent.
  • Minimum de cinq (5) années d’expérience professionnelle pertinente en gestion financière, comptabilité, audit, contrôle interne ou conformité.
  • Bonne connaissance des principes de gestion financière, des procédures d’achat et des mécanismes de contrôle interne.
  • Maîtrise des réglementations fiscales, sociales et administratives applicables en Tunisie.
  • Expérience dans le suivi financier et administratif de projets et/ou de partenaires.
  • Expérience dans la préparation des audits et le suivi de la mise en œuvre des recommandations.
  • Capacité à identifier les risques financiers et de conformité et à proposer des mesures correctives adaptées.
  • Excellente maîtrise des outils informatiques, notamment Microsoft Excel ;
  • Bonne connaissance de la plateforme Tej ;
  • Excellente maîtrise du français et de l’arabe, à l’oral comme à l’écrit ; une bonne connaissance de l’anglais constitue un atout.
  • Excellentes capacités d’organisation, de planification et de gestion des priorités.
  • Aptitude à travailler de manière autonome et en équipe.
  • Capacité à gérer plusieurs dossiers simultanément, à respecter les délais et à répondre à des demandes urgentes.
  • Rigueur, sens de l’organisation, discrétion et professionnalisme.
  • Intérêt marqué pour les droits humains et adhésion aux valeurs de l’OMCT.
  • Disponibilité pour effectuer des déplacements professionnels en Tunisie lorsque nécessaire.

CONDITIONS ET CANDIDATURES

Le lieu d’affection est le bureau de l’OMCT à Tunis. Le poste est à temps plein. L’OMCT est respectueuse du principe d’égalité dans le recrutement. L’OMCT offre un salaire compétitif sur la base de l’expérience du/de la candidat.e. Entrée en fonction prévue dès que possible.

Veuillez envoyer votre CV et votre lettre de motivation à l’adresse électronique suivante : bbg@omct.org

Dernier délai de réception des candidatures : 17 juin 2026

Merci de noter qu’aucune information ne sera donnée par téléphone.

Seul.e.s les candidats.e.s présélectionné.e.s seront contacté.e.s.

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Justice pour Saâdia Mosbah et ses collègues : Non à la criminalisation des défenseurs des droits humains et de l’action humanitaire en Tunisie  

À l’occasion de l’audience en appel du 2 juin 2026, les organisations soussignées expriment leur pleine solidarité avec Saâdia Mosbah, présidente de l’association Mnemty, ainsi qu’avec ses collègues poursuivis. Nous dénonçons la criminalisation croissante des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile et des acteurs humanitaires en Tunisie.  

Contexte

Saâdia Mosbah, figure reconnue de la lutte antiraciste et anti-discrimination en Tunisie et présidente de l’association Mnemty, est détenue depuis mai 2024. Son arrestation s’inscrit dans une campagne délibérée des autorités tunisiennes visant à criminaliser les associations, les défenseurs des droits humains et les organisations humanitaires qui apportent une assistance aux populations vulnérables. Cette dynamique s’accompagne d’un discours politique ouvertement hostile à la société civile indépendante et à celles et ceux qui œuvrent pour la protection et la dignité humaine. 

Seule membre du groupe placé en détention, Saâdia y est maintenue depuis plus de deux ans, dont environ vingt-deux mois de détention provisoire, courant de mai 2024 à mars 2026, dépassant largement le plafond légal de quatorze mois prévus par le droit tunisien. Une telle durée constitue une violation flagrante du droit à être jugé dans un délai raisonnable, garanti par l’article 9(3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

Saâdia a été condamnée le 19 mars 2026 à 8 ans d’emprisonnement en première instance et à la déchéance de ses droits civiques pour une durée de 5 ans, à une amende de 120 000 dinars (environ 35 000 euros) ainsi qu’à la saisie de ses biens – téléphone, ordinateur et retraite pourtant protégée par la loi, mais gelée depuis mai 2024. Elle attend aujourd’hui l’issue de son procès en appel. Cinq autres membres et collaborateurs de Mnemty ont été également condamnés à des peines de prison allant d’un à trois ans. Quatre d’entre eux, actuellement en Tunisie, risquent une arrestation imminente si la condamnation est confirmée en appel.

En soutien à Saâdia Mosbah et à Mnemty, l’ONG Protect Humanitarians a lancé une pétition internationale appelant à sa libération immédiate et inconditionnelle, dénonçant la criminalisation croissante des défenseurs des droits humains et des organisations humanitaires. Mnemty, association des droits humains et de la lutte anti-discrimination est poursuivie entre autres sur la base de la loi antiterroriste n° 2015-26 et de la législation sur la lutte contre le blanchiment d’argent, sans fondement d’application dans cette affaire. Ce détournement de lois de leur finalité pour criminaliser une activité associative ordinaire constitue en lui-même une violation grave de l’État de droit, telle que rappelée par les rapporteurs spéciaux de l’ONU, dans leur communication conjointe du 14 août 2025 au gouvernement tunisien, qui ont exprimé leur profonde préoccupation quant aux poursuites engagées contre Saâdia Mosbah et d’autres défenseurs des droits des migrants et militant.e.s anti-racistes. Par ailleurs, ces poursuites s’inscrivent dans un contexte de répression croissante de la société civile en Tunisie.

L’instrumentalisation des lois antiterroristes contre la société civile constitue une violation des standards internationaux des droits humains, et porte également atteinte aux principes protégeant l’action humanitaire et l’assistance apportée aux personnes en situation de vulnérabilité. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans la lutte antiterroriste, a rappelé dans son rapport au Conseil des droits de l’homme (mars 2024) que l’utilisation abusive des lois antiterroristes contre les défenseurs des droits humains et les  associations constitue une violation des libertés d’expression, de réunion et d’association, et que les mesures de  lutte contre le blanchiment d’argent ne doivent pas entraver les activités légitimes à but non lucratif ni l’aide humanitaire.

Les organisations signataires condamnent par ailleurs l’approche sécuritaire qui domine la gestion des migrations en Tunisie et dans la région.  Une approche qui criminalise des militant.e.s antiracistes et de la solidarité avec toutes les victimes du racisme, y compris les personnes migrantes, mais aussi des Tunisien.ne.s noir.e.s. La criminalisation des activités menées par l’association Mnemty, qui agit notamment dans le cadre de la loi n 50 relative à l’élimination de toutes les formes de discrimination, les autorités ne font pas application de cette loi, nient l’existence même du racisme et répriment celles et ceux qui le combattent, en violation directe de la solidarité et la défense des droits humains. Assimiler l’assistance apportée aux personnes vulnérables à une activité criminelle compromet gravement la capacité des organisations de la société civile à exercer leur mission légitime et crée un climat d’intimidation incompatible avec les engagements internationaux de la Tunisie.

Au-delà de cette affaire, le discours raciste ambiant, nourri par des prises de position politiques qui désignent les personnes migrantes comme une menace, constitue l’environnement dans lequel Mnemty exerce son action, et dans lequel ses membres sont aujourd’hui poursuivis et condamnés. Enfin, nous alertons sur le danger que représente la normalisation de ce discours et de ces pratiques pour l’ensemble des droits fondamentaux.

 Nous appelons à:

  • La libération immédiate et inconditionnelle de Saâdia Mosbah ;
  • L’abandon de toutes les charges contre les membres de Mnemty ;
  • La cessation de l’instrumentalisation des lois antiterroristes contre les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains et les acteurs humanitaires fournissant une assistance légitime aux populations vulnérables ;
  • La fin des discours et politiques attisant la haine envers les personnes migrantes victimes de racisme,  et  celles et ceux qui les défendent ;
  • Le respect du droit international des droits humains et des engagements internationaux de la Tunisie, notamment en matière de protection des personnes en mouvement, de non-discrimination, de dignité, d’accès à la protection et de garanties contre la détention arbitraire, les expulsions collectives et toute autre violation des droits humains.

Organisations signataires : 

  • OMCT dans le cadre de l’observatoire pour la protection des défenseur.e.s des droits humains (Obs)
  • Protect Humanitarians 
  • EuroMed Rights
  • Amnesty International 
  • Minority Rights Group
  • Legal Action Worldwide
  • Avocats Sans Frontières
  • FIDH dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseur.e.s des droits humains (Obs)
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NEWSLETTER TRIMESTRIELLE | OMCT_T1-2026

L’OMCT publie le numéro de janvier-mars 2026 de sa nouvelle newsletter. Il met en lumière l’action de SANAD dans l’accompagnement des familles de victimes de mort suspecte, la prise en compte des facteurs de vulnérabilité des victimes et le récit d’Amel, bénéficiaire depuis 4 ans des services du programme. Bonne lecture à toutes et à tous.

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Communiqué de presse

التعذيب في تونس: معاناة متواصلة وآثار ممتدة

بمناسبة اليوم الوطني لمناهضة التعذيب — 8 ماي 

كل يوم 8 من شهر ماي نحيي اليوم الوطني لمناهضة التعذيب ونجدد الذكرى لكل من فقدوا حياتهم أو كرامتهم كضحايا للتعذيب وكل اشكال المعاملة والعقوبة القاسية واللاإنسانية والمهينة

حاتم وعاطف ومريم وغيرهم كانوا مثالا لقصص مأساوية لم تتمكن الذاكرة من تجاوزها: هذا شابٌّ لقي حتفه إثر تعرّضه للعنف أثناء الاحتفاظ، دون أن تُقدم له الرعاية الطبية اللازمة؛ والآخر عاملُ توصيل تعرّض للاعتداء على يد أعوان أمن واقتيد بالقوة إلى مركز الشرطة؛ وهذه شابةٌ تعرّضت للضرب داخل منزلها أثناء عملية مداهمة أمنية، ثم طالتها تتبعات عدلية لمجرد محاولتها تقديم شكاية فيما تعرضت له من انتهاكات.

منذ 8 ماي 2025، انضمت 98 ضحيةً جديدة لبرنامج « سند » لمرافقة ضحايا التعذيب وسوء المعاملة. خلف كلّ ملفٍّ: مأساة لأنسان فقد كرامته واستقراره العائلي وأمله في الحياة وفي الوصول للعدالة وجبر الضرر.

لماذا يستمرّ التعذيب؟ وكيف؟ 

 تتواصل جرائم التعذيب وسوء المعاملة وتغذيها منظومة تكرس العنف المؤسساتي والافلات من العقاب، ناهيك عن حرمان الضحايا من ولوج فعال الى العدالة. ويمكن تعداد أسباب عديدة لاستمرار هذه الانتهاكات منها:  

أوّلاً — محدودية نطاق تجريم التعذيب في القانون التونسي لا يزال الفصل 101 مكرّر من المجلة الجزائية دون مستوى التعريف الوارد في اتفاقية مناهضة التعذيب التي صادقت عليها تونس سنة 1988. إذ يقتصر التعريف المعتمد على الآلام المُسلَّطة بهدف انتزاع اعترافات أو معلومات، أو تلك القائمة على التمييز العنصري، مستبعداً الأغراض العقابية وسائر أشكال التمييز. غير أنّ الحالات التي وثّقها برنامج « سند » تكشف عن استخدام واسع للعنف كأداةٍ للعقاب في الفضاءات العامة والأماكن السالبة للحرية، بما في ذلك العنف المسلط على أساس النوع الاجتماعي او الهوية الجندرية أو المعتقد الديني وغيره من أشكال التمييز. هذا التعريف الضيّق يجعل العديد من الانتهاكات خارج نطاق التجريم وتبقى بذلك الإدانات في قضايا التعذيب نادرة للغاية ان لم تكن مفقودة.

ثانياً — سياسة جزائية زجرية وصارمة يُشكّل الموقوفون تحفظياً أكثر من 50% من مجموع الموقوفين وفي عديد الحالات يقع تجاوز المدة القانونية المخصصة للإيقاف التحفظي. هذا وتضمّ السجون التونسية حالياً نحو 32 ألف شخص، في حين لا تتجاوز طاقتها الاستيعابية 18 ألف مكان، مع مساحة لكلّ سجين قد لا تتعدّى 0.7 متر مربع — أي ما يقلّ بكثير عن المعايير الدولية الدنيا.  مما يؤدي ضرورة إلى تدهور ظروف الإيقاف وبالتالي صعوبة النفاذ إلى الرعاية الصحية، وهو ما يعد انتهاكاً صارخاً للسلامة الجسدية للمساجين، بل سببا للوفاة داخل السجون.

ثالثاً — التضييق على الفضاء المدني تتعرّض الجمعيات والمدافعون والمدافعات عن حقوق الإنسان لإجراءات ممنهجة تستهدف إسكات كلّ صوت ناقد للسلطة. حيث تتوالى قرارات تعليق النشاط والتهديدات بالحلّ والإيقافات التعسفية، ممّا أدى الى عدم استمرارية تقديم المرافقة والدعم للفئات الهشة لاسيما ضحايا التعذيب وسوء المعاملة. 

تُضاف إلى هذه العوامل أسباب أخرى سبق تحليلها والتنديد بها خلال السنوات الأخيرة، منها البطء المبالغ فيه للأبحاث الجزائية وافتقارها إلى الجدية، وهيمنة الجهاز الأمني، وانعدام الشفافية بشأن مآلات المتابعات التأديبية، فضلاً عن التقاعس عن تنفيذ الأحكام القضائية والقرارات الإدارية الصادرة لفائدة ضحايا التعذيب وسوء المعاملة. 

 الإصلاحات المطلوبة: ضرورة لا تحتمل التأجيل  على الرغم من التوصيات الصادرة عن لجنة الأمم المتحدة لمناهضة التعذيب منذ سنة 2016، لم تُنفَّذ إلى اليوم الإصلاحات الهيكلية المنتظرة. ومع اقتراب موعد الاستعراض الدوري لتونس أمام اللجنة سنة 2027، يضيق الهامش الزمني المتاح للقيام بإصلاحات جوهرية — هي وحدها الكفيلة بوضع حدٍّ نهائي للتعذيب.

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Communiqué de presse

En Tunisie, le phénomène tortionnaire brise toujours des vies

Le 8 mai, Journée nationale contre la torture, rappelle l’urgence de regarder en face une réalité persistante. Hatem, Atef et Mariem incarnent ces parcours brisés : un jeune détenu mort après des violences présumées en détention sans accès à des soins immédiats, un livreur agressé par des policiers et emmené de force au poste, une jeune femme frappée par des agents à son domicile lors d’une perquisition puis poursuivie après avoir tenté de dénoncer les faits.

Depuis le 8 mai 2025, 98 victimes ont rejoint le programme SANAD d’assistance aux victimes de torture et de mauvais traitements. Derrière chaque dossier : une vie bouleversée, une famille éprouvée et une exigence de vérité, justice et réparation.

Pourquoi et comment le phénomène tortionnaire persiste-t-il ?

La torture ne survit jamais seule. Elle prospère dans un système qui tolère les violences institutionnelles, protège leurs auteurs et organise une quasi-impunité en privant les victimes de recours effectifs. Parmi les principaux facteurs en cause :

L’inadéquation de la criminalisation de la torture – L’article 101 bis du Code pénal reste en deçà de la Convention ratifiée en 1988. Il limite la torture aux douleurs infligées pour obtenir des aveux et informations ou fondées sur une discrimination raciale, excluant les finalités punitives et autres formes de discrimination. Les cas documentés par SANAD montrent pourtant un usage largement punitif de la violence dans la rue, les prisons et les postes de police, y compris sur la base de l’identité sexuelle ou des convictions religieuses. Cette définition restrictive alimente l’impunité : les condamnations pour torture sont très rares ; les faits sont requalifiés en simples violences.

Une politique pénale très répressive – La détention préventive dépasse son cadre légal. Plus de 50 % des personnes détenues sont en détention provisoire. Les prisons accueillent environ 32 000 personnes pour 18 000 places, avec une densité pouvant atteindre 0,7 m² par détenu, très en deçà des standards internationaux. Cette surpopulation dégrade fortement les conditions de détention et l’accès aux soins, avec des atteintes graves à l’intégrité des détenu·e·s et une recrudescence des morts en prison.

Des attaques contre l’espace civique – Associations et défenseur·e·s des droits humains font l’objet de procédures visant à réduire au silence toute critique du régime. Entraves, suspensions, menaces de dissolution et détentions arbitraires se multiplient, privant aussi les victimes de torture d’accompagnement, par peur ou faute de structures disponibles sous pression sécuritaire et manque de moyens.

A ces trois facteurs s’ajoutent d’autres causes de la persistance du phénomène tortionnaire déjà analysées et dénoncées ces dernières années, telles que la lenteur et le manque de diligence des enquêtes pénales, la toute-puissance de l’appareil sécuritaire, le manque de transparence sur l’issue des poursuites disciplinaires ou encore l’absence d’exécution des décisions pénales et administratives rendues en faveur de victimes de torture et mauvais traitements. Malgré les recommandations du Comité onusien contre la torture en 2016, les réformes attendues n’ont pas été mises en œuvre. À l’approche de l’examen de la Tunisie en 2027, le temps est compté pour engager des réformes structurelles seules à même de mettre fin à la torture.

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Communiqué de presse

L’OMCT Tunisie lance sa nouvelle newsletter trimestrielle

Le numéro d’octobre-décembre 2025 revient sur un trimestre marqué par des défis majeurs, notamment la suspension temporaire des activités de l’OMCT Tunisie, et ses effets concrets sur les personnes accompagnées.
Il met en lumière l’action de SANAD auprès des victimes de torture et de mauvais traitements, à travers un accompagnement juridique, psychosocial et médical inscrit dans le temps long.
Vous y trouverez également des analyses de tendances, des avancées judiciaires significatives, ainsi que des récits d’accompagnement illustrant l’impact du programme.

Nous espérons que cette lecture vous permettra de mieux comprendre les enjeux actuels et l’importance de la continuité de notre action.

Bonne lecture à toutes et à tous.

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Communiqué de presse | Reprise des activités de l’OMCT Tunisie

Le 5 novembre 2025, le bureau de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) en Tunisie a reçu la notification d’une ordonnance sur requête imposant la suspension de ses activités pour 30 jours. 

Cette suspension injustifiée a entravé l’accès des victimes de torture et de mauvais traitements, ainsi que celui de leurs familles, à l’accompagnement juridique, social, psychologique et médical dont elles dépendent. Durant ces 30 jours, elles ont été laissées sans soutien, dans une situation de vulnérabilité accrue.  

L’OMCT reprend aujourd’hui l’ensemble de ses activités.   

Nous remercions toutes celles et ceux qui nous ont témoigné leur solidarité. 

Nous nous engageons, avec une énergie renouvelée, aux côtés des victimes et de celles et ceux qui défendent les droits humains, afin de relancer nos activités et de poursuivre, dans le respect des normes internationales et des engagements souscrits par la Tunisie, le travail que nous construisons depuis plus de dix ans.  

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OFFRE D’EMPLOI | Chargé.e des finances et ressources humaines

L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) est une association internationale à but non-lucratif. Elle constitue aujourd’hui la principale coalition internationale d’organisations non gouvernementales (ONG) luttant contre la torture, les exécutions sommaires, les disparitions forcées et tout autre traitement cruel, inhumain ou dégradant. Depuis septembre 2011, le bureau de l’OMCT en Tunisie œuvre dans la prévention de la torture et des mauvais traitements et la lutte contre l’impunité. Les interventions de l’OMCT en Tunisie portent sur l’assistance directe et pluridisciplinaire aux victimes de torture, un plaidoyer pour des réformes législatives et institutionnelles, et la sensibilisation du grand public.

Le bureau de l’OMCT en Tunisie cherche à recruter un.e chargé.e des finances et ressources humaines pour un poste à temps plein.

Termes des références

Le/la chargé.e des finances et ressources humaines travaillera sous la supervision directe de la Directrice des Finances du bureau de l’OMCT en Tunisie et en coopération avec l’ensemble de l’équipe.

Sa principale mission sera de :

Finances

  • Assurer la gestion de la caisse ;
  • Traiter les paiements aux fournisseurs tout en assurant un contrôle rigoureux des documents requis (retenues à la source, bons de commande, dossier d’achat, etc.), l’archivage numérique et physique des pièces justificatives, et signaler toute disparité à la Directrice des finances ;
  • Appuyer dans l’élaboration des rapprochements bancaires mensuels et vérifier les inventaires réguliers des caisses ;
  • Préparer les contrats et les notes d’honoraires des vacataires, des avocat.e.s et des consultant.e.s, ainsi que les demandes de paiement afin d’assurer le suivi des règlements en coordination avec les coordinateurs juridiques ;
  • Appuyer les travaux d’audit.

Ressources Humaines

  • Assurer le processus de recrutement : diffusion des offres d’emploi, présélection des candidatures, mise en relation avec les candidats ;
  • Garantir le suivi régulier et les rappels trimestriels appropriés des échéances contractuelles en lien avec les ressources humaines ;
  • Préparer et faire le suivi de la documentation administrative du personnel (contrats de travail, dossiers, attestations, etc.) ;
  • Appuyer le personnel expatrié dans la préparation de leurs dossiers administratifs et les démarches liées à l’obtention ou au renouvellement de leur titre de séjour ;
  • Appuyer à la mise en œuvre des politiques RH (évaluations, formations, règlement intérieur, etc.);
  • Notifier et assurer le suivi avec le cabinet comptable pour la préparation de la paie mensuelle ;
  • Gérer et surveiller la plateforme des congés du staff et les feuilles de temps (time sheets) ;
  • Gérer les relations avec l’assurance maladie ;
  • Scanner et archiver numériquement et physiquement les documents RH ;
  • Assurer la procédure d’audits RH.

Administration

  • Suivre et mettre à jour les documents administratifs officiels (contrats de bail, assurances, enregistrements, etc.), réviser les contrats de location arrivant à expiration et informer en temps opportun la directrice des finances afin de planifier les démarches nécessaires ;
  • Point focal dans le cadre de suivi et évaluation : Assurer la documentation des indicateurs, la collecte de données, et leur traitement au niveau administratif, financier et ressources humaines en collaboration avec les équipes programmatiques ;
  • Vérifier de l’apurement trimestriel des bons de commande visés et préparation du dossier d’exonération de TVA.

QUALIFICATIONS REQUISES

  • Diplôme universitaire en finance, gestion des ressources humaines, comptabilité ou domaine similaire 
  • Au moins trois ans d’expérience en gestion des ressources humaines ou comptabilité
  • Expérience confirmée en gestion de la paie 
  • Solide maîtrise des aspects fiscaux et sociaux 
  • Intérêt marqué pour les droits humains 
  • Maitrise parfaite de l’arabe et du français, une bonne connaissance de l’anglais serait un atout
  • Bonne communication orale et écrite 
  • Bonne maitrise de l’informatique et familiarisation avec les tableurs Excel 
  • Aptitude à travailler en équipe et à répondre aux sollicitations urgentes 
  • Capacité à prendre des initiatives, à traiter des demandes quotidiennes, concomitantes ou urgentes et à respecter les délais 
  • Professionnalisme, enthousiasme et responsabilité 
  • Prêt.e à voyager régulièrement dans le pays

CONDITIONS ET CANDIDATURES

Le lieu d’affection est le bureau de l’OMCT à Tunis. Le poste est à temps plein. L’OMCT est respectueuse du principe d’égalité dans le recrutement. L’OMCT offre un salaire compétitif sur la base de l’expérience du/de la candidat.e. Entrée en fonction prévue dès que possible.

Veuillez envoyer votre CV et votre lettre de motivation à l’adresse électronique suivante : ms@omct.org

Dernier délai de réception des candidatures : 31 août 2025

Merci de noter qu’aucune information ne sera donnée par téléphone.

Seul.e.s les candidat.e.s présélectionné.e.s seront contacté.e.s.

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Publication de l’Index mondial de la torture : la Tunisie, un pays à risque élevé

A l’occasion de la journée internationale en soutien aux victimes de torture, l’OMCT publie la première édition de l’Index mondial de la torture. Piloté par l’OMCT et basé sur l’expertise de ses 200 associations membres, l’Index représente la première analyse globale conçue pour évaluer le risque de torture et mauvais traitements à travers le monde. Il offre aux décideurs politiques, médias, militants associatifs et au grand public une perspective objective sur la torture dans les différents pays et propose des recommandations-clés ainsi que des bonnes pratiques pour éradiquer la torture et l’impunité.

L’Index est une carte interactive qui recueille et visualise des données afin d’évaluer le respect par les États des normes internationales en matière de lutte contre torture. Il évalue chaque pays sur la base de sept piliers thématiques : engagement politique contre la torture, lutte contre la violence policière et institutionnelle, protection contre la torture pendant la privation de liberté, lutte contre l’impunité, droits des victimes, protection pour tous et droit à la défense et espace civique.

Cette initiative est une réponse directe à la mission fondamentale de l’OMCT et du réseau SOS-Torture : mettre fin à la torture et aux autres mauvais traitements, qui sont encore largement répandus et souvent impunis.

La Tunisie figure parmi les 26 pays analysés dans le cadre de la première édition. L’Alliance contre la torture a collecté de nombreuses données sur les différentes dimensions du phénomène tortionnaire tunisien selon les sept piliers thématiques susmentionnés. L’équipe de l’Index a fait une analyse méthodique et statistique de ces données avec une méthodologie systématique commune à tous les pays passés en revue. Elle a abouti à la classification de la Tunisie comme présentant un « risque élevé » en matière de torture et mauvais traitements.

Les principaux résultats concernant la Tunisie, ainsi que les recommandations afférentes sont présentés dans une fiche d’information disponible en français, arabe et anglais.

Pour en savoir plus :

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بمناسبة اليوم العالمي لمساندة ضحايا التعذيب _دعم الدوائر القضائية المتخصصة لمحاسبة الجلادين وإنصاف الضحايا

بمناسبة اليوم العالمي لمساندة ضحايا التعذيب، تجدّد الجمعيات والمنظمات الموقّعة أدناه التزامها الثابت بالدفاع عن مسار العدالة الانتقالية وتذكر أن تعطيل المساءلة والمحاسبة أمام الدوائر القضائية المتخصصة في العدالة الانتقالية يكرّس الإفلات الممنهج من العقاب. فعلى الرغم من مرور ما يقارب 12 عامًا على انطلاق هذا المسار، لا تزال العديد من أهدافه الأساسية، وعلى رأسها الإصلاحات المؤسساتية ومحاسبة المسؤولين عن الانتهاكات وضمان عدم تكرارها، عالقة دون تنفيذ فعلي.

فمنذ نشر التقرير النهائي لهيئة الحقيقة والكرامة في الرائد الرسمي للجمهورية التونسية في جوان 2020، والذي تضمّن توصيات واضحة تتعلّق بالإصلاح والمساءلة وجبر الضرر، لم تتولَّ الدولة تنفيذ هذه التوصيات، ولم تُعِدّ إلى اليوم خطة وطنية لذلك. وفي السياق نفسه، لم تُصدر الدوائر القضائية المتخصصة في العدالة الانتقالية أي حكم قضائي إلى حدّ الآن، فيما تواصل السلطات الامتناع عن تنفيذ مئات بطاقات الجلب، خصوصًا ضد مسؤولين أمنيين يُشتبه في تورّطهم في جرائم تعذيب، واختفاء قسري، وقتل عمد الامر الذي يعمّق الشعور بغياب العدالة لدى الضحايا وذويهم-ن.

وقد تعرّض هذا المسار عوائق إضافية خلال السنوات الأخيرة، من بينها ملاحقة رئيسة هيئة الحقيقة والكرامة، السيدة سهام بن سدرين، وعدد من أعضاء الهيئة قضائيًا، في خطوة تُعدّ تهديدًا مباشرًا لمخرجات هيئة الحقيقة والكرامة ولمسار العدالة الانتقالية.

وبعد تعليق عمل الدوائر المتخصصة لمدة تناهز السنتين بسبب عدم اكتمال النصاب القانوني، تقرّر في مارس 2025 استئناف النظر فقط في الملفات أمام الدائرة الجنائية المتخصصة بالمحكمة الابتدائية بتونس، رغم افتقار هيئة المحكمة للشروط القانونية من حيث التكوين والتخصص، مما يثير مخاوف جدية حول احترام حق الضحايا في محاكمة عادلة وفعّالة، لا سيّما مع استمرار تعليق عمل باقي الدوائر المتخصصة في 12 محكمة.

تُعدّ جريمة التّعذيب من أخطر انتهاكات حقوق الإنسان، وهي جريمة لا تسقط بالتقادم وتخضع لحظر مطلق بغضّ النظر عن الزمان أو المكان أو الجهة المرتكبة. لذلك فإنّ أيّ تعطيل أو تلكّؤ في محاسبة مرتكبيها من شأنه أن يغذّي الإفلات من العقاب مفضياً بالتالي إلى نتيجة واحدة، وهي إرسال رسالة سلبية مفادها التطبيع مع هذه الممارسات، ومنح الضوء الأخضر لتكرارها والتشجيع على استمرارها، مما يُسهّل ارتكاب انتهاكات مماثلة في الحاضر وربما في المستقبل.

وعليه، تؤكد المنظمات الموقعة على هذا البيان ما يلي:

  • لا يمكن الحديث عن مكافحة التعذيب دون مواصلة الدفاع عن مسار العدالة الانتقالية ومحاسبة جميع المسؤولين عن جرائم التعذيب والانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان؛
  • من الضروري تنفيذ الإصلاحات المؤسساتية وتفعيل ضمانات عدم التكرار، استنادًا إلى توصيات التقرير الختامي لهيئة الحقيقة والكرامة؛
  • تندّد المنظمات بتعطيل عمل الدوائر القضائية المتخصصة، وبالملاحقات القضائية التي تطال رئيسة وأعضاء هيئة الحقيقة والكرامة؛
  • وتدعو الدولة التونسية إلى احترام التزاماتها الدولية وإلى احترام القانون التونسي في مجال مناهضة التعذيب مذكّرة أساسا بالحظر المطلق لجريمة التّعذيب وعدم سقوطها بمرور الزمن.
  •  

إنّ نجاح مسار العدالة الانتقالية في تونس هو قبل كل شيء استجابة لحق الضحايا في الحقيقة والعدالة والإنصاف وهو أيضًا شرط أساسي لحماية المجتمع من تكرار جرائم التعذيب وانتهاكات حقوق الانسان. أما استمرار الإفلات من العقاب، فلن يؤدي إلا إلى إعادة إنتاج منظومات تنتهك حقوق الانسان.

الائتلاف المدني للدفاع عن العدالة الانتقالية

محامون بلا حدود

المنظمة العالمية لمناهضة التعذيب

المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية والاجتماعية

الجمعية التونسية للدفاع عن الحريات الفردية

الشبكة التونسية للعدالة الانتقالية

جمعية الكرامة للحقوق والحريات

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