Jusqu'à quand ?

2021 Juin

La police filmée en pleine action

Un mineur de 15 ans, Tunis

Alors que des manifestations secouaient la capitale à la suite d’un épisode d’agression policière, la police est intervenue avec violence pour disperser les protestataires. Parmi eux, un jeune de 15 ans, a été attrapé par des policiers dans la rue, déshabillé de force puis roué de coups de pieds avant d’être embarqué dans un fourgon de police. Des vidéos de la scène ont provoqué une vague d’indignation forçant le ministère de l’Intérieur à réagir en suspendant les auteurs. Une enquête judiciaire est en cours, à l’issue incertaine. Ce cas ne laisse pas oublier les centaines d’autres victimes de violences policières, non filmées, qui n’obtiendront certainement jamais justice.
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Mai

Rouée de coups pour une rupture

Nejma*, 25 ans, Centre-Ouest de la Tunisie

Nejma a été fiancée à un agent de police, mais la relation a mal tourné et elle y a mis fin. C’est alors que son cauchemar a commencé. Abusant des pouvoirs conférés par sa fonction, son ex-fiancé a commencé à la menacer et la harceler jusqu’à finir par l’agresser physiquement avec le soutien complice de ses collègues.
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Avril

Torturé pour avoir refusé de bakchicher

Oussama*, 34 ans, Tunis

En avril 2021, Oussama a été arrêté en pleine rue par des agents de police de son quartier qui l’avaient racketté à plusieurs reprises et qu’il avait récemment refusé de payer. Ils l’ont roué de coups dans la rue, puis l’ont embarqué au poste de proximité où ils l’ont de nouveau battu très violemment et l’ont menacé de l’accuser faussement de trafic de drogue. Il a finalement été libéré après l’arrivée du chef de la brigade, mais seulement après avoir promis de ne pas porter plainte contre les agents. Oussama est une des très nombreuses victimes de la violence policière ordinaire exercée de façon décomplexée par des agents à des fins punitives.
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Mars

Négligé jusqu’à la mort

Abdesslam, 30 ans, Sfax

Abdesslam a été arrêté après le couvre-feu dans la nuit du 28 février. Il est diabétique et son état de santé n’a cessé de se détériorer pendant sa garde à vue. Le 2 mars, il a été placé en détention provisoire à la prison de Thyna. Le lendemain, son état était tel qu’il a dû être transféré à l’hôpital. Il est mort pendant le trajet, victime de négligences en série. Le cas d’Abdesslam est un des 16 cas documentés par SANAD depuis 2014 dans lesquels les victimes sont mortes dans des circonstances toujours non élucidées au cours de leur détention ou à la suite d’un contact avec la police.
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Février

Chronique d’une violence ordinaire

Issam*, 26 ans, Tunis

Une nuit de février 2021, alors qu’Issam se trouvait devant chez lui, une patrouille sécuritaire s’est arrêtée pour le contrôler. Quand il a sorti sa carte d’identité, il a été surpris par des coups de poings sur la tête et les yeux et des coups de pieds. Il a été aspergé de gaz lacrymogène. Les agents sont entrés de force chez lui et ont agressé sa mère âgée.
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Janvier

Un activiste torturé jusqu’aux aveux

Hafid, 37 ans, Centre-Ouest de la Tunisie

En janvier 2021, Mohamed, un activiste, a été arrêté chez lui en pleine nuit, sans mandat. Violemment agressé au moment de son arrestation, il a ensuite été torturé au poste de police et forcé de signer des procès-verbaux l’accusant notamment d’incitation à participer à des manifestations. Comme lui, des centaines de jeunes tunisiens ont été arrêtés en janvier en réponse à la vague de protestation qui a secoué le pays. Beaucoup ont été violentés pendant leur arrestation et leur garde à vue sans assistance d’un avocat, puis placés en détention provisoire et condamnés sur la base de procès-verbaux falsifiés ou pour des infractions mineures.
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2020 Décembre

Kidnappé et agressé pour sa défense des droits des LGBTIQ++

Ahmed, 28 ans, Tunis

Le 22 décembre 2020, un groupe de policiers en civil ont kidnappé Ahmed, un militant de l’association DAMJ, dans la rue à Tunis. Les agents l’ont embarqué dans leur voiture et ont circulé dans la ville. Pendant le trajet, ils l’ont giflé, lui ont donné des coups de poings sur la tête, des coups de pieds sur la cage thoracique et les reins et l’ont griffé au niveau du visage. Tout en le tabassant, les agents l’ont interrogé sur les activités de DAMJ et l’identité des autres activistes de l’association. Puis ils l’ont jeté de la voiture près de l’hôpital militaire.
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Novembre

Un contrôle policier qui tourne au cauchemar

Walid*, 26 ans, Zaghouan

En novembre 2020, Walid marchait dans la rue dans le gouvernorat de Zaghouan lorsqu’il est passé à proximité d’une patrouille de police. Les agents l’ont arrêté et ont voulu fouiller son sac. Walid a eu peur et a tenté de s’enfuir. Les agents l’ont poursuivi. Lorsqu’ils l’ont rattrapé, ils l’ont roué de coups de poings et de pieds devant les passants. Walid a été trainé sur une longue distance jusqu’à la voiture de police. Près de la voiture, les agents l’ont giflé au point qu’il est tombé par terre. Puis les agents l’ont emmené au poste.
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Octobre

Violenté et harcelé pour avoir milité pour les droits de l’homme

Seif, 23 ans, Tunis

En octobre 2020, les forces de l’ordre ont arrêté Seif, militant de l’association DAMJ à la suite de sa participation aux manifestations contre le projet de loi relatif à la protection des forces de sécurité. Interpellé sans fondement juridique, il a ensuite été placé en garde à vue et privé de son droit d’être assisté d’un avocat. Au poste, Seif a subi des violences de la part des agents pendant près de 3 heures. Il en est résulté une fracture à l’épaule et des blessures à l’œil et à la jambe.
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Septembre

Un centre de détention arbitraire en plein Tunis

22 migrants – centre d’El Ouardia

En septembre 2020, le ministère de l’Intérieur a libéré 22 migrants détenus arbitrairement au centre d’hébergement d’El Ouardia. Ils ont passé des mois détenus sans fondement juridique, dans un lieu qui n’est pas officiellement un centre de détention. En juin 2020, ils ont saisi le tribunal administratif pour contester leur détention arbitraire. Un recours novateur qui a été couronné de succès même si le ministère de l’Intérieur a tardé à les libérer. Malgré cela, depuis, de nouveaux migrants ont été placés en détention à El Ouardia et victimes eux aussi des mauvais traitements inhérents à l’arbitraire de leur détention.
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Août

La torture comme punition

Fouad, 34 ans – Sud-Est de la Tunisie

En août 2020, Fouad a été agressé au sein d’une prison où il avait été placé en détention provisoire quelques mois plus tôt. Les gardiens l’ont roué de coups puis l’ont laissé, toute la nuit, menotté à la porte de la chambre. Quelques mois plus tôt, il avait déjà été torturé par plusieurs gardiens au sein de la même prison après s’être disputé avec l’un d’eux. Si les cas de torture en prison sont moins nombreux qu’avant la révolution, elle n’a pas totalement disparu et la quête de justice des victimes est d’autant plus périlleuse qu’elles sont toujours aux mains de leurs agresseurs.
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Juillet

« Aujourd’hui, je vais tout faire pour que tu enlèves ce niqab ! »

Amal*, 30 ans, Grand Tunis

En juillet 2020, Amal a trouvé le courage de saisir le tribunal administratif pour dénoncer plus de 10 ans de harcèlement policier subi en raison de son fichage. Les perquisitions, interpellations dans la rue, visites domiciliaires, convocations au poste de police et interrogatoires humiliants ont fait de sa vie et de celle de sa famille un enfer. Amal est une des milliers de personnes « fichées S » auxquelles la police inflige des mesures de contrôle administratif arbitraires aux conséquences psychologiques, sociales et économiques dramatiques.
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Fin