MARIAM SHEBLI

Meriem Chebli n’était pas la seule à être détenue. En effet, en 1987, et quand le torchon a commencé à brûler dans le pays, entre le régime de Ben Ali, d’une part, et les frères musulmans, de l’autre, sa sœur fut arrêtée alors qu’elle avait à peine 18 ans. Sa sœur fut privée de passer son examen du bac en dépit de son sérieux et de ses talents académiques.
Meriem fut arrêtée le 10 décembre 1990, à peine sept jours après la naissance de son fils. Ensuite, ce fut au tour de son mari d’être détenu en 1991 à Tataouine. Son mari fut arrêté à 1.h30 du matin. Et c’est ainsi que la maison se transforma, en clin d’oeil, en un endroit qui subissait toute sorte de recherche, cassure, hurlement, coups de pied et terreur.
« Ils ont pris mon mari et m’ont laissé seule avec deux gosses, qui avaient à peine deux ans, ainsi que mon beau père qui était une personne âgée ».
Le périple du calvaire a démarré avec la détention de mon mari, suite à laquelle notre vie s’est transformée en enfer, contrôle quotidien et descentes nocturnes qui ont limité sa liberté et lui ont fait sentir le danger qui guettait sa famille, ses enfants et sa profession.
« J’ai perdu ma citoyenneté comme si je n’étais pas la fille de cette patrie, j’étais supposée céder devant l’injustice qui m’était imposée et qui prenait la forme d’une tyrannie imposée par l’ignare sur le cultivé. Et là, c’était Le point noir de tous ce qu’on a vécu ».
« La révolution de 2011 nous a délivré du joug de l’injustice et nous a permis de voir très clair, quels sont les ennemis de patrie. Les victimes ont pu récupérer leurs droits. Tout ce que je souhaite maintenant c’est réaliser la justice sociale à travers la nouvelle constitution de l’Etat et une bonne gouvernance locale ».