BECHIR

Depuis juin 2009 je fais un étrange rêve. Je me retrouve tout nu dans une petite chambre noire entouré par une foule d’hommes habillés tous de blouses blanches et bleues. Cette foule terrifiante se serre autour de moi. Je me réveille en sursaut avec le sentiment d’étouffer.
C’est ainsi que s’écoulent mes nuits depuis ce terrible moment que j’ai vécu au mois de juin.
Je sens que j’ai perdu une partie de mon humanité. Humilié par ce test dégradant, je m’en veux de ne pas avoir refusé ce test de la honte, mais que pouvait faire ma petite voix à ce moment-là face à leur force et leur violence ?
Durant l’interrogatoire déjà, ils n’hésitaient pas à me brutaliser afin que j’avoue mon homosexualité.
C’est une expérience traumatisante, c’est pourquoi je tiens à témoigner et inciter toute personne arrêtée à refuser de se soumettre au test. Les choses changent maintenant, on peut se révolter contre cette injustice. "
Béchir n’a pas souhaité porté plainte par peur des représailles. Il pense que de toute façon cela ne servirait à rien car il n’a pas confiance dans le système judiciaire actuel