SANAD | Publication du rapport  » Rien ne pourra compenser la perte de mon fils, je ne veux que la justice « 



Le parcours des familles confrontées à la mort suspecte d’un proche »

« Notre fils est mort et nous ne savons ni comment ni pourquoi.

Ils l’ont emmené vivant et nous l’ont rendu mort. »

Ces dernières années, SANAD a constaté une recrudescence des cas de mort suspecte, c’est-à-dire de décès survenus dans des circonstances non élucidées, impliquant des agents exerçant une fonction publique. Entre 2013 et aujourd’hui, le programme a documenté 36 cas de personnes décédées ayant fait l’objet d’allégations de torture ou de mauvais traitements, y compris par négligence.

Publié à l’occasion du 26 juin, journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, le rapport  » Rien ne pourra compenser la perte de mon fils, je ne veux que la justice – Le parcours des familles confrontées à la mort suspecte d’un proche  » montre que lorsqu’un décès survient sous la responsabilité de l’État ou dans des circonstances pouvant engager sa responsabilité, les familles se heurtent à une succession de défaillances institutionnelles.

Toutes témoignent dans le rapport avoir subi un continuum de violences qui perdure avec l’impunité qui recouvre la mort de leur proche. Le décès constitue le point de départ d’un enchaînement de violences administratives, judiciaires et symboliques qui les affectent durablement. La similarité des difficultés rencontrées et la constance des réponses institutionnelles dans ces dossiers révèlent l’existence d’un phénomène structurel.

Un défaut d’information et d’égard pour les familles endeuillées – Les proches décrivent des heures d’attente sans nouvelles, des informations contradictoires ou incomplètes, des appels restés sans réponse, ainsi que des annonces du décès brutales ou faites par des tiers. Maintenues dans l’incertitude sur le sort de leur proche, elles font l’expérience d’un traitement marqué par la confusion, l’indifférence ou la désinvolture. Ce défaut d’information constitue une première violence, qui aggrave le traumatisme de la perte et altère d’emblée la relation avec l’institution.

Des obstacles persistants dans l’accès à la vérité et à la justice – Le rapport met en évidence la lenteur des procédures, les retards dans les autopsies et les enquêtes, l’accès limité à l’information pour les familles et leurs avocats, ainsi que les difficultés à obtenir des éléments essentiels du dossier. À ces obstacles s’ajoutent l’absence de réponses à leurs demandes, la difficulté à comprendre l’état réel de la procédure et, parfois, les proches doivent eux-mêmes multiplier les démarches pour obtenir l’ouverture d’une enquête ou relancer les autorités. Ce parcours procédural, long et opaque, entrave le processus de deuil et à éloigne la perspective d’une réponse judiciaire effective.

Une violence prolongée aux conséquences psychologiques, sociales et économiques profondes – Au traumatisme de la perte s’ajoutent l’incertitude, l’attente, l’épuisement, la stigmatisation et, souvent, la précarisation. Le rapport montre que l’absence de réponse institutionnelle ne fait pas que retarder l’accès à la justice : elle transforme le parcours des familles en une épreuve durable, marquée par l’usure psychique, la désorganisation de la vie familiale et la fragilisation économique. Pour beaucoup, l’impossibilité de comprendre ce qui s’est passé et d’obtenir des réponses prolonge la souffrance bien au-delà du décès lui-même.

Télécharger le rapport en français

Télécharger le communiqué de presse

Retrouvez les histoires et témoignages des familles déjà publiés dans le cadre de la campagne #ما_نحب_كان_حق_ولدي 

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